Enquete sur les différentes techniques

DE RECONSTRUCTION DU LCA

PRATIQUEES PAR LES MEMBRES DE LA SFA

 

A.FRANK

Clinique Labrouste, Paris

 

 

 

Devant une rupture du LCA les attitudes thérapeutiques ont été nombreuses et variées que ce soit en ce qui concerne les indications, les techniques et le type de transplant utilisé.

Si le consensus parfait est loin d'être atteint, les divergences ne sont plus fondamentales.

La plupart des auteurs s'accordent pour :

- remplacer le ligament déficient par une greffe en position anatomique.

- ne plus utiliser de ligament prothétique de remplacement.

Néanmoins, un certain nombre de questions reste posées comme en témoigne l'abondante littérature sur ce sujet.

- QUELLE TECHNIQUE ET INTERET DE L'ARTHROSCOPIE ?

- QUEL TRANSPLANT ? AVEC OU SANS RENFORT?

- PLASTIE EXTERNE ASSOCIEE ?

Pour préparer ce symposium il nous est apparu nécessaire de faire le point sur les différentes techniques utilisées par chacun d'entre nous.

Bien entendu cette enquête ne reflète que l'attitude thérapeutique des membres de la SFA, population de chirurgiens sélectionnés non représentatifs de l'ensemble de l'orthopédie française. Les résultats sont donc biaisés comme en témoigne le taux important de reconstruction arthroscopique du LCA rapporté dans cette enquête.

130 chirurgiens ont répondu, ce qui correspond à plus de la moitié des membres chirurgiens de la SFA.

 

 

TECHNIQUE ET TRANSPLANT

  • KJ : 112 (86,1%)

    Patte d'oie: 1 (0,8%)

    Mac Intosch: 9 (7%)

    Prothèses: 3 (2,3%)

    Allogreffes: 5 (3,8%)

  •  

    Fig.1: Techniques utilisées

    Le tendon rotulien est le transplant de loin le plus utilisé essentiellement sous la forme d'un transplant os-tendon-os (KJ: 86%).

    L'intervention type Mac Intosch est devenue plus rare (7%). Les prothèses ligamentaires sont abandonnées par la plupart (2,3%). Les allogreffes se développent peu en France puisque seulement 3,8% les utilisent. Les tendons de la patte d'oie sont peu utilisés (0,87%) malgré l'abondante littérature récente prônant leur utilisation pour pallier aux inconvénients du prélèvement du tendon rotulien .

     

     

    ARTHOSCOPIE OU CHIRURGIE ?

    Globalement, 68 % de la totalité des reconstructions du LCA sont pratiquées sous arthroscopie.

    70% des transplants libres os-tendon-os (KJ) sont mis en place sous arthroscopie. Dans ce cas, 76% des chirurgiens ont opté pour la technique dite du tunnel fémoral borgne.

     

     

    PLASTIE EXTERNE

     

    1) Isolée

    La plastie type Lemaire isolée n'est plus jamais utilisée à titre systématique. Elle est parfois utilisée (42 sur 130: 32%) dans certaines indications mais ne représentent jamais plus d'une indication sur 4.

     

    2) Associée à un transplant intra-articulaire

    Globalement, certains pratiquent systématiquement une plastie externe ou une intervention type Mac Intoch (13 sur 130: 10%). Si l'on ne considère que les interventions type KJ, le Lemaire associé n'est pratiqué à titre systématique que par 6 sur 112 des opérateurs (5,4%). 45 sur 112 (40,2%) ne l'utilisent que dans certaines indications et jamais plus d'une fois sur 4.

     

     

    LE RENFORT

    Un renfort prothétique est utilisé par 44 chirurgiens sur 130 (34%)

    - à titre systématique: 18 sur 130 (14%)

    - Plus d'une fois sur deux : 5 sur 130: (4%)

    - Moins d'une fois sur deux : 21 sur 130: (16%)

     

    LES ALLOGREFFES

    Les allogreffes sont rarement utilisées à titre systématique 5 sur 130 (4%). Certains (13 sur 130: 10%) les utilisent à titre exceptionnel c'est-à-dire dans moins de 10% des indications chirurgicales.

     

     

    LES SUITES POST-OPERATOIRES

     

    1) Centre de rééducation:

     

    Fig.2: Rééducation en centre

     

    1 praticien sur 2 n'adresse jamais ses opérés à un Centre de Rééducation. Inversement 3% y font systématiquement appel.

     

    2) L'attelle post-opératoire, cannes, appui:

     

    Fig.3: Attelle et cannes

    Attelles et cannes sont préconisées par la plupart (environ 90%) pendant une durée le plus souvent comprise entre 21 et 30 jours.

    L'appui complet immédiat est autorisé chez 92 sur 130 (71%).

     

    3) Un flessum post-opératoire (dit de protection) est maintenu systématiquement par 25 sur 130 (19%) des opérateurs et ce pendant une durée variant de 30 à 90 jours.

     

    4) La reprise sportive:

    Les sports de pivot (pour les interventions non prothétiques) sont rarement autorisés avant six mois (12%).

     

    Fig.4: Reprise de tous les sports

     

     

     

     

    En conclusion,

    - l'auto-transplant libre os-tendon-os (KJ) est le plus souvent utilisé (86%).

    - La reconstruction du LCA est de plus en plus pratiquée sous arthroscopie (68%).

    - La technique dite du tunnel borgne représente 76% des plasties type KJ pratiquées sous arthroscopie.

    - Les suites post-opératoires sont de plus en plus simplifiées avec appui immédiat, immobilisation courte et amovible, rééducation plus agressive pour la plupart notamment en ce qui concerne la lutte contre le flessum post-opératoire.