ARTHROSCOPIE SUBTALIENNE

BASES ANATOMIQUES ET TECHNIQUE

 

F. BRESLER* , X. NICOLAY*, O. ROCHE*, M. BRAUN** D. MOLE*

Nancy

 

 

 

L'arthroscopie des articulations du pied reste une technique très marginale et très peu de travaux y ont été consacrés. Seul PARISIEN (1, 2, 3) a fait état de son expérience de l'arthroscopie de l'articulation subtalienne dans les pathologies cartilagineuses ou synoviales. Il s'agissait toutefois dans son expérience de gestes essentiellement diagnostiques, qui ne se justifient plus compte-tenu des progrès récents de l'IRM.

Encouragés par les résultats de notre expérience de l'arthrodèse tibio-talienne sous arthroscopie, nous avons imaginé de transposer cette technique à l'articulation subtalienne. Nous avons dans ce but réalisé une étude anatomique et technique dont nous présentons aujourd'hui les résultats.

L'articulation subtalienne est une articulation de type ellipsoïde dont la stabilité est assurée par 4 formations ligamentaires : Un ligament talocalcanéen médial, et talocalcanéen postérieur, un ligament talocalcanéen latéral dont le trajet est parallèle au faisceau moyen du ligament latéral externe de la cheville, enfin le très puissant ligament talocalcanéen interosseux ou ligament en haie, qui est formé de deux faisceaux : un faisceau tendu parallèlement au sinus du tarse, et un faisceau oblique s'insérant à la partie antéro-latérale du col du talus.

La capsule articulaire s'attache en périphérie des surfaces articulaires sauf à la partie postéro-latérale du calcanéum où elle s'en éloigne de quelques millimètres ; elle est très fine.

3 paires de chevilles fraîches ont servi pour cette étude.

Afin de bien comprendre les rapports anatomiques des voies d'abord, les chevilles droites étaient préalablement disséquées. Dans le but d'identifier les risques et dangers des voies d'abord, les chevilles gauches étaient disséquées après l'arthroscopie.

 

 

MATERIEL

Nous avons utilisé pour le temps arthroscopique un arthroscope d'un diamètre de 2,7 mm couplé à un drainage simple. Un shaver de petite taille permettait de réséquer la synoviale éventuellement gênante.

Nous avons testé l'intérêt respectif d'une distraction par fixateur externe, par traction transcalcanéenne ou manuelle simple.

Pour les voies d'abord, nous avons suivi les conseils de PARISIEN. Un amplificateur de brillance nous permettait de contrôler l'absence d'erreur de situation des incisions.

  • - La première voie est la voie antéro-latérale. Elle est située à la partie postérieure du sinus du tarse, immédiatement en arrière du faisceau postérieur du ligament en haie. Elle permet de longer la partie latérale de l'interligne articulaire, au prix d'un décollement des plans sous-cutanés, jusqu'à sa partie postérieure.

    - La deuxième voie instrumentale est postéro-latérale, à mi chemin entre le bord postérieur de la malléole externe et le tendon d'Achille, donc en arrière des tendons des muscles fibulaires. Elle doit être située légèrement au-dessus de la pointe de la malléole fibulaire, en raison de l'obliquité de l'interligne subtalien.

     

  •  

    RESULTATS

    Il nous a semblé aisé de visualiser l'interligne articulaire par la voie d'abord antéro-latérale, et le sinus du tarse est un repère facilement palpable qui permet finalement de se dispenser de l'ampli de brillance. Par contre, quelle que soit la technique de distraction, l'interligne articulaire ne s'est jamais ouvert de plus de 2 mm, rendant impossible l'introduction de l'optique dans l'interligne articulaire proprement dit, ceci même en cas de section du ligament talocalcanéen latéral et de la partie antérieure du ligament interosseux. Un dispositif de distraction articulaire semble donc inutile. Seules, les parties les plus latérales et postérieures de l'articulation subtalienne sont donc visibles, ainsi que la partie postérieure du ligament en haie, par transparence à travers la capsule articulaire.

    Les dangers principaux de cette technique sont dus à la voie postéro-latérale. Nous avons observé une lésion du nerf sural et une ouverture de la gaine des tendons fibulaires. Afin d'éviter ces complications, il semble souhaitable de réaliser une incision verticale lors de la réalisation de l'abord postérieur. La voie d'abord antéro-latérale semble, elle, sans danger.

    Du fait de la limitation de l'ouverture de l'interligne articulaire, les gestes techniques sont limités. Seuls, des corps étrangers ou fractures ostéochondrales très postérieures ou latérales pourront être traitées.

    Il a été par contre possible d'introduire une fraise par la voie postéro-latérale et de réaliser un avivement satisfaisant des surfaces articulaires, le contrôle de ce geste pouvant être réalisé par l'arthroscope qui peut être introduit dans l'interligne articulaire après l'avivement.

    Nous avons récemment réalisé ce geste chez deux patients présentant une arthrose subtalienne post-traumatique dans un cas et une arthrite rhumatoïde subtalienne dans l'autre cas. L'avivement a été réalisé à la fraise et à l'aide d'une râpe sous contrôle radio et arthroscopique, permettant de nous assurer de sa qualité. La synthèse a été réalisée par une vis talo-calcanéenne canulée introduite en percutané à partir du col du talus. Le recul de ces deux cas est toutefois insuffisant pour se prononcer quant à l'efficacité de cette nouvelle technique qui, à notre connaissance, n'a jamais été décrite dans la littérature.

     

     

    CONCLUSION

     

    L'arthroscopie subtalienne nous a semblé techniquement simple et peu traumatisante. Son intérêt est toutefois limité par la faible ouverture de l'interligne articulaire qui réduit la possibilité de gestes techniques.

     

    Seule l'arthrodèse subtalienne sous arthroscopie est peut-être une technique intéressante, ce qui reste à prouver, mais ses indications sont limitées.

     

     

    BIBLIOGRAPHIE

     

     

    1 - PARISIEN JS, VANGSNESS T.
    Arthroscopy of the subtalar joint : an experimental approach
    Arthroscopy (United States), 1985, 1(1) , p 53-7
     
     
    2 - PARISIEN JS.
    Ankle and subtalar joint arthroscopy. An update.
    Bull Hosp Jt Dis Orthop Inst (United States), Fall 1987, 47(2), p 262-72
     
     
    3 - PARISIEN JS.
    Arthroscopy of the posterior subtalar joint : a preliminary report.
    Foot Ankle (United States), Apr 1986, 6(5), p 219-24
     

     

     

    LIGAMENTOPLASTIE DU LCA SOUS ARTHROSCOPIE

    ANALYSE DES MOTIFS DE CHANGEMENTS

    DE TECHNIQUE OPERATOIRE

    A PROPOS D’UNE SERIE HOMOGENE DE 167 CAS

    DE 1988 A 1993

     

    H. CHARLES

    Clinique Ambroise Paré, Lille

     

     

     

     

     

     

    RESUME

    167 ligamentoplasties du ligament croisé ont été réalisées sous arthroscopie par le même opérateur entre 1988 et 1993. 122 de ces ligaments ont été revus avec un recul moyen de 3 ans 1/2, et un recul minimum de 1 an. Les indications regroupent les lésions fraîches et les lésions chroniques. L’auteur expose les raisons du passage de l’utilisation du ligament synthétique au transplant autologue renforcé par une bande synthétique, puis au transplant autologue tendon rotulien libre par une voie d’abord postéro-externe et antéro-interne, enfin au transplant rotulien libre sous arthroscopie par la technique du tunnel borgne .

     

     

    SERIE N° 1 :

    MATERIEL

    De Janvier 1988 à Mars 199O :

    4O ligaments synthétiques (Ligaid) ont été posés :

    - 24 cas plastie du L.C.A.E.simple, agrafage aux extrémités.

    - 11 cas plastie L.C.A.E. associée à une plastie antéro-externe de Lemaire.

    - 5 cas plastie L.C.A.E. associée à une réparation des plans internes par un demi tendineux renforcé par une bandelette synthétique.

    Dans tous les cas, l’utilisation de l’arthroscopie pour le passage ligamentaire a été faite. Il n’a pas été réalisé de "notch plasty" importante. L’appui immédiat était autorisé sans aucune limitation d’amplitude post-opératoire. Rééducation immédiate en Centre de Rééducation Fonctionnelle. 3 semaines d’hospitalisation complètes. 6 semaines d’hospitalisation de jour. Renforcement musculaire isocinétique immédiat.

    Cette technique était utilisée pour ses avantages présumés : 2 courtes incisions esthétiques. Pas de prélèvement de transplant. Rééducation immédiate sans restriction. Appui immédiat.

    S’y associaient les inconvénients suivants: utilisation d’un matériel synthétique, rééducation prolongée intensive en Centre entraînant souvent des perturbations dans la vie socioprofessionnelle et familiale.

    COMPLICATIONS

    Les complications suivantes parmi ces 4O cas m’ont amené à changer de technique:

  • * 6 cas /4O de synovite mineure ont été traités par 4 arthroscopies-lavage avec des résultats (Arpège) 1 moyen, 2 satisfaits, 1 très satisfait.

    - 1 cas traité médicalement : résultat très satisfait.

    - 1 cas multi-réopéré avec persistance d’une laxité majeure.

    * 6 cas de synovite majeure dans les 2 premières années:

    - 4//6 ont été repris par un transplant rotulien libre avec 1 résultat excellent, 1 résultat bon et 2 résultats moyens. 2 cas sur 6 ont été traités par une ligamentoplastie fascia lata lyophilisé avec 1 résultat moyen et 1 mauvais résultat.

    * 4 ruptures secondaires après 2 ans, 2 ont nécessité un nettoyage sous arthroscopie avec un résultat satisfaisant et un résultat moyen. 1 cas traité

    par une reprise par tendon rotulien libre résultat très satisfaisant. 1 cas n’a pas eu de traitement jusqu’à présent.

    * 2 ruptures probables après 2 ans. Pas de traitement actuellement car l’état est satisfaisant et moyen.

  • ANALYSE DES RESULTATS DES PATIENTS REVUS :

    28 patients sur 4O ont été revus avec un recul moyen de 5 ans. L’âge moyen en 1988 était de 3O ans, la révision à 35 ans.

    Résultat subjectif : très satisfaits : 12,

    satisfaits : 1O, Total : 22

    moyens : 5

    déçus : 1 Total : 6

    Résultat score de LYSHOLM : 8 excellents, 1O bons, 6 moyens, 4 mauvais.

    Résultats selon la cotation ARPEGE : 5 excellents, 9 bons, 3 moyens et 11 mauvais.

    Résultats selon la cotation IKDC : 2 A, 12 B, 1O C, 4 D .

    DISCUSSION : Les avantages de cette technique ont été rapidement mis en cause devant la survenue de synovites fréquentes. L’absence de "Notch Plastiy importante et une rééducation intensive ont sans doute favorisé ces complications et m’ont poussé à changer de technique.

     

     

     

     

    SERIE N° 2

    MATERIEL

    Entre Septembre 1989 et Janvier 1991, 22 ligamentoplasties ont été réalisées à l’aide d’un transplant libre rotulien renforcé par une bandelette synthétique. Une ligamentoplastie transplant libre maintenu à l’aide de 2 vis de Kurosaka a été faite dans 1O cas. La même technique associée à un retour en Lemaire dans 12 cas. L’intervention a eu lieu sous arthroscopie avec une "notch plasty" importante utilisant une râpe souple. La bandelette synthétique était fixée de part et d’autre sur le greffon osseux et enfouie dans le ligament à l’aide de fil résorbable. Cette technique, à nos yeux, avait les avantages d’un transplant naturel en conservant les avantages de la ligamentoplastie synthétique avec autorisation d’appui précoce, rééducation immédiate et intensive en Centre sans limitation d’amplitude.

    COMPLICATIONS SUR LES 22 CAS :

  • * synovite mineure : 3 cas. 2 ont été traités médicalement avec un résultat satisfaisant, 1 présente un résultat (Arpège) moyen et une raideur importante.

    * 3 synovites majeures ont justifié : 1 synovectomie par arthrotomie avec un résultat satisfaisant, 1 intervention pour ablation de transplant et 1 mise en place de tendon lyophilisé avec un mauvais résultat.

    * 1 a été repris par des tendons lyophilisés de fascia lata avec un résultat moyen.

    * 3 raideurs ont nécessité toutes les 3 une arthrolyse sous arthroscopie avec 1 résultat satisfaisant, 1 moyen et 1 mauvais .

  • ANALYSE DE LA SERIE :

    16 cas sur 22 ont été revus avec un âge moyen de 26 ans au moment de la ligamentoplastie et un recul moyen de 4 ans.

    Le résultat subjectif donne :

  • - très satisfaits : 1O

    - satisfaits : 2 Total : 12

    - moyens : 2

    - mauvais: 2 Total : 4

  • Le résultat score de LYSHOLM montre : 7 excellents, 4 bons, 4 moyens, 1 mauvais.

    Le score ARPEGE global montre : 6 excellents, 3 bons, 3 moyens, 4 mauvais.

    Résultat IKDC : Côté : 3 A, 5 B, 4 C, 4 D.

    DISCUSSION : cette technique nous paraissait intéressante car l’on semblait utiliser tous les avantages des différentes techniques. En enfouissant la bandelette synthétique, j’espérais supprimer ainsi les complications propres à ce transplant. Le nombre de synovites semblait équivalent au transplant synthétique seul et la précocité des survenues de cette synovite semblait provenir de l’utilisation d’un fil résorbable pour l’enfouissement de celui-ci. La rééducation immédiate intensive a sans doute pérennisé ce processus inflammatoire. On notait également les difficultés de reprise de ce type de chirurgie en cas d’échec, le tendon rotulien ayant déjà été prélevé. Les tendons lyophilisés ne nous ont pas donné de résultat satisfaisant pour ces quelques cas réopérés. La fermeture de la zone de prélèvement du transplant entraînait fréquemment des problèmes douloureux en rapport soit avec des synovites soit avec une raideur dont la composante rotulienne était importante.

     

     

     

     

    SERIE N° 3 :

    MATERIEL

    De Juillet 199O à Octobre 1992, 59 ligamentoplasties ont été réalisées en utilisant un transplant rotulien libre, nu, sous arthroscopie, en utilisant une râpe souple et en utilisant une incision postéro-externe. 43 cas ont été réalisés ainsi. Une plastie antéro-externe y a été associée dans 16 cas. La fixation postérieure se faisait à l’aide d’une vis de Kurosaka ou d’une agrafe en fonction de la position du transplant. Le greffon dans le tunnel tibial était fixé à l’aide d’une vis de Kurosaka. Un passe-ligament était utilisé pour le passage sous arthroscopie. La zone de prélèvement rotulienne était refermée mais, latéralement, une incision de décharge le long des ailerons rotuliens internes et externes était réalisée. Une rééducation était faite en libéral avec un appui différé de 3 semaines. La mobilité précoce était autorisée sans restriction ni en flexion, ni en extension, et pour certains le port d’une orthèse G2 permettait de reprendre une vie active et professionnelle, ou les cours pour les étudiants, dès la 3ème semaine.

    LES COMPLICATIONS sur les 59 ligamentoplasties étaient les suivantes :

  • * des douleurs dans 3 cas, importantes, surtout d’origine rotulienne, dues à la fermeture de la zone de prélèvement avec un effet d’abaissement de la rotule. Il n’y a pas eu de traitement chirurgical particulier.

    Le résultat Arpège donne : 2 résultats moyens, 1 mauvais résultat.

    * Une instabilité dans 4 cas avec 2 résultats moyens, 2 résultats mauvais dont 1 doit être réopéré, sans doute en rapport avec la non restriction des amplitudes articulaires post-opératoires.

    * une arthrite septique précoce avec un résultat excellent après arthrotomie et nettoyage.

    * il est à noter 5 raideurs, toutes sur des patients présentant une entorse grave opérée en urgence pour laquelle il avait été nécessaire de réaliser une réparation chirurgicale du L.L.I. où une bandelette synthétique avait été utilisée avec le 1/2 tendineux pour cette plastie interne. Ces 5 patients ont bénéficié d’une arthrolyse sous arthroscopie avec 1 mauvais résultat, 1 moyen et 3 bons.

  • Dans cette série, il est à noter 6 cas de reprise chirurgicale pour rupture du ligament synthétique, reprise par un transplant libre rotulien : 2 cas avec un résultat excellent, 1 cas avec un bon résultat - ces 3 patients ayant été réopérés 1 seule fois. Par contre, 1 cas avec un résultat moyen et 2 cas avec un mauvais résultat chez des patients qui avaient déjà été multiopérés et qui ont dû être réopérés à nouveau du fait d’une détente des plans périphériques.

    ANALYSE DES RESULTATS

    La série comporte 48 cas revus sur 59, avec 3 ans de recul moyen. L’âge moyen à la révision est de 3O ans.

    Résultat subjectif :

  • - très satisfaits : 27

    - satisfaits : 15

    - moyen : 6.

  • Résultat score de LYSHOLM : 31 excellents, 9 bons, 7 moyens, 1 mauvais .

    Score ARPEGE global : 25 excellents, 10 bons, 6 moyens, 7 mauvais.

    Score I.K.D.C. : 7 A, 27 B, 7 C, 7 D.

    DISCUSSION ;

    Ce type de ligamentoplastie comme toutes les séries publiées, semblait satisfaisante mais la rééducation rapide sans limite a entraîné quelques détentes ligamentaires. D’autre part, à la révision, le manque de récupération musculaire, notamment rapport quadriceps/ischios, était notable du fait d’une rééducation en libéral. Enfin, dans les entorses graves opérées en urgence, la raideur articulaire était fréquente mais répondait bien à l’arthrolyse sous arthroscopie vers le 2ème mois.

    Ces différentes raisons m’ont poussé à utiliser la technique du transplant libre rotulien sous arthroscopie, fixation en tunnel borgne, pour être le moins agressif possible.

     

     

     

     

    SERIE N° 4

    MATERIEL

    De Novembre 1992 à Octobre 1993, 46 ligamentoplasties utilisant un transplant rotulien libre ont été réalisées avec 2 très courtes incisions rotuliennes et pré-tibiales, sans plastie antéro-externe de Lemaire. Une large notch plastie a été réalisée. Mobilisation précoce avec observation de 5° de flexum pendant les 3 premières semaines. Mobilisation en flexion non limitée. Pas d’appui pendant 3 semaines. Pas de fermeture de la zone du transplant sauf en regard de la rotule. Mise en place de vis métalliques d’interférence. 2 points de fil résorbable sur le transplant pour éviter les frottements. Une orthèse G2 thermoformée a été mise systématiquement pour la reprise de l’activité professionnelle, physique et sportive, mais a été enlevée pour la vie courante. Rééducation en libéral avec obligation de 2 heures de sport et de gymnastique par jour en plus de la séance de rééducation chez le kiné.

    COMPLICATIONS

  • * 1 rupture ligamentaire sans doute lors de la mise en place de la vis fémorale. A noter les difficultés techniques de la bonne position du transplant, notamment au niveau tibial. Cette patiente n’a pas encore été réopérée mais il persiste une instabilité .

    * 1 rupture itérative lors de la reprise du sport 1 an après l’intervention. Le patient n’avait pas mis son orthèse thermoformée comme il lui avait été conseillé (hand ball) .

    * 2 raideurs ayant nécessité 2 arthrolyses sous arthroscopie avec 1 résultat excellent et 1 résultat moyen.

    * 1 douleur rotulienne importante chez un patient avec chondropathie préexistante * 1 amyotrophie quadricipitale importante à l’origine d’épisodes d’instabilité sur un genou qui n’est pas laxe.

  • ANALYSE DE LA SERIE :

    38 ligamentoplasties sur les 46 réalisées ont été revues avec 1 an de recul moyen. La moyenne d’âge est à 27 ans.

    Résultat subjectif :

  • - très satisfaits: 21.

    - satisfaits : 13 total: 34

    - déçus : 4 .

  • Score de LYSHOLM: 14 excellents, 20 bons, 4 moyens.

    Score ARPEGE: 9 Excellents, 23 bons, 3 Moyens, 3 mauvais.

    Score IKDC: 5 A, 27 B, 4 C, 2 D.

    DISCUSSION :

    Ce type de ligamentoplastie semble avoir de nombreux avantages : faible agressivité vis à vis du genou, rééducation douce possible puis intensifiée. Reste le problème technique de la ligamentoplastie elle-même et de ses moyens de fixation. Le port de l’orthèse permet une autonomie dans la vie courante, familiale, professionnelle, ou estudiantine très rapide. L’absence de rééducation en Centre reste un problème, car à terme, après la période de récupération des amplitudes articulaires et d’une autonomie, la rééducation nécessaire pour la récupération musculaire complète n’est pas souvent réalisée par les patients sauf ceux qui font partie d’une équipe sportive. Il n’est à déplorer aucune synovite ni phénomène inflammatoire algodystrophique. Toutes les entorses graves ont été opérées après un délai de 4 à 6 semaines, après une immobilisation initiale et une rééducation progressive.

     

     

     

     

    CONCLUSION

    Comme beaucoup de chirurgiens, j’ai été tenté par les transplants synthétiques, mais la fréquence de leurs complications et surtout des effets secondaires qu’ils pouvaient occasionner m’ont fait préférer les transplants libres rotuliens. Cependant, les ligaments synthétiques restent utiles dans les gros délabrements où il n’existe plus de possibilité de transplant local.

    La plastie à l’aide d’un transplant libre rotulien renforcé par une bandelette synthétique semble exposée aux mêmes complications de synovite. Une rééducation plus soutenue et plus intensive de renforcement musculaire du quadriceps et des ischios doit être envisagée de manière à parfaire le résultat fonctionnel, soit chez le masseur kinésithérapeute libéral avec la possibilité d’une prise en charge plus soutenue, soit en Centre de Rééducation dans des Centres ouverts sans hospitalisation prolongée chez ces patients jeunes et actifs.

    L’utilisation de l’arthroscopie pour ce type de ligamentoplastie (transplant libre rotulien) permet au mieux de positionner le transplant et d’analyser les lésions intra-articulaires et d’être le moins agressif possible pour cette chirurgie du genou. L’utilisation de modes de fixation plus biologiques comme les vis résorbables ou d’autres types d’implants devrait permettre d’améliorer encore cette chirurgie dans l’avenir.

     

     

    TECHNIQUE ORIGINALE DE PRÉLEVEMENT DU TRANSPLANT OS-TENDON-OSDANS LES PLASTIES DE RECONSTRUCTION

    DU LIGAMENT CROISÉ ANTÉRIEUR

     

     

    J-L CARTIER

    Clinique des Hautes Alpes. GAP

     

     

     

     

    Résumé

    Au cours de ces dernières années, la plastie du LCA réalisée à l'aide d'un transplant libre os-tendon-os s'est standardisée et est devenue une technique courante et fiable, même s'il persiste des variantes dans les forages osseux en particulier du tunnel fémoral.

    Un progrès indéniable reste à faire dans le prélèvement du transplant.

    Le système des tréphines diamantées de K. DREINERT, permet de répondre à ce challenge.

    Il existe une série de tréphines de diamètre croissant. Le diamètre intérieur d'une tréphine correspond au diamètre extérieur de la tréphine de taille immédiatement inférieure. Leur extrémité diamantée, et le refroidissement du système par un circuit d'eau permet de réaliser une coupe très lisse, et de ne pas léser la surface du greffon.

    L'intervention débute par le prélèvement du greffon réalisée par un abord antérieur (ou pour des raisons esthétiques, par deux courtes incisions pré rotulienne et pré tubérositaire). Le prélèvement est réalisé de haut en bas :

    - bloc osseux rotulien de longueur de 3 à 3,5 cm de diamètre supérieur (en général 10,60 mms) , et constituant plus qu'un demi cylindre.

    - tiers médian du tendon rotulien

    - bloc osseux tibial de longueur 2 cm, de diamètre inférieur au bloc rotulien (en général 9,55 mms), de forme conique.

    Ainsi prélevé, le transplant possède toujours le diamètre attendu au 1/100° ainsi qu'une surface parfaitement régulière et intacte biologiquement.

    Le reste de l'intervention est conduit de façon plus classique, (technique de P. CHAMBAT pour le passage et la fixation du transplant) :

    - Exploration arthroscopique et traitement d'éventuelle lésion méniscale.

    - Nettoyage de l'échancrure et détermination des points isométriques.

    - Forage des tunnels à la mèche, à un diamètre juste inférieur à celui des blocs osseux 10 mm en fémoral, 9 mm en tibial. Le tunnel fémoral est rendu conique à l'aide d'un alésoir à main pour permettre la bonne pénétration du greffon rotulien à travers la cortical externe (11 mm). L'orifice articulaire du tunnel tibial est agrandi à la curette.

    - Passage du greffon de haut en bas.

    - Encastrement du greffon rotulien.

    - Torsion et tension du transplant et fixation du greffon tibial par une vis d'interférence.

    Cette technique est utilisée par l'auteur depuis début 93 soit une centaine de cas.

    Elle est fiable, reproductible et facilite le déroulement de l'intervention.

    Elle accélère probablement la réhabitation du transplant (meilleure surface de contact).

    Elle peut encore être développée pour améliorer la précision du geste chirurgical.

     

     

    LE VISSAGE D'INTERFÉRENCE DANS LES PLASTIES OS-TENDON ROTULIEN-OS DU LIGAMENT CROISE ANTÉRIEUR.

    ÉTUDE RADIOLOGIQUE, RÉSULTAT CLINIQUE

     

     

     

    H. GUYARD - Y. JONCOURT - R. BOUVETP. BARTHELEMY - E. HAVET - J. BAHUAUD

    H.I.A. Robert PICQUE - BORDEAUX - FRANCE

     

     

     

     

     

    RESUME

    Le vissage d'interférence répond à un objectif d'agression chirurgicale minimale, objectif poursuivi aussi par la chirurgie arthroscopique. La réalisation d'un tunnel osseux reste un geste chirurgical obligé pour le passage du transplant, et ce type de vissage permet une fixation sans geste osseux ou sur les parties molles, et sans cicatrice supplémentaire. 150 ligamentoplasties ont été réalisées au cours des années 1991, 1992 et 1993 dans le service de Chirurgie Orthopédique des Armées Robert PICQUE. Le transplant utilisé comporte un tendon rotulien entre deux blocs osseux tibial et rotulien fixés par vis d'interférence de 7 ou 9 mm. Parmi ceux-ci, 52 dossiers sont actuellement exploitables avec au minimum une radiographie post-opératoire et une radiographie avec un recul supérieur à un an.

    Le résultat anatomique est apprécié sur des radiographies du genou de face et de profil strict en extension. L'analyse de la fixation est réalisée à partir de 3 critères :

    - le parallélisme entre le transplant et la vis d'interférence.

    - le rapport entre longueur de baguette osseuse et longueur de la vis d'interférence.

    - Le contact entre baguette osseuse et vis exprimé en tours de spire.

    Le résultat clinique est apprécié à partir des classifications fonctionnelles ARPEGE et LYSHOLM TEGNER, et de la fiche IKDC 92. Les critères d'examen retenus sont le test de LACKMANN, le jerk test et la mesure de la laxité au KT 1000

     

     

    RÉSULTATS

    Parmi ces 52 dossiers, 23 ne répondent pas à des critères très stricts de longueur, direction ou interface entre vis et baguette osseuse. Il y a eu 3 reculs de vis ayant nécessité l'ablation de ce matériel. Il n'y a jamais eu expulsion ou mobilisation du greffon osseux.

    Mais parmi ces 52 dossiers, seuls 4 patients ont manifestement une insuffisance de transplant dont 2 peuvent faire évoquer un conflit entre vis fémorale et transplant.

    En théorie de nombreux problèmes ont été évoqués concernant la technique du vissage d'interférence. La pratique quotidienne prouve que beaucoup de petites imperfections théoriques sont parfaitement bien tolérées et ne remettent pas en cause la solidité de l'ancrage du L.C.A. Ce mode de fixation reste donc actuellement l'un des plus sûr à la disposition du Chirurgien.