2ème partie

 

 

 

 

Le Traitement Arthroscopique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'étude multicentrique

 

D. Molé*

 

La chirurgie arthroscopique est licite dans le traitement de l'instabilité antérieure de l'épaule car elle est anatomique. Elle a de plus, aussi, par rapport à la chirurgie ouverte, d'indéniables avantages (cosmétiques, coût, morbidité). Elle a, par contre, par rapport à elle, un certain nombre d'inconvénients :

- ses possibilités se limitent à la refixation ligamentaire (pas d'effet butoir possible)

- absence d'hématome et de tissu cicatriciel (pas d'effet fibrose possible)

- nécessité d'une immobilisation post-opératoire

Le traitement arthroscopique doit être abordé de façon prudente et scientifique car ses résultats seront immanquablement comparés à ceux de la chirurgie ouverte couramment pourvoyeuse d'un taux de bons résultats (supérieur à 90%). L'analyse des séries publiées jusqu'à ce jour laisse planer un doute quant à l'efficacité du traitement arthroscopique avec des taux d'échec qui varient de 0 à 45%. Il nous a donc semblé utile de colliger, selon une même méthode de révision, les cas des équipes les plus expérimentées de la Société Française d'Arthroscopie, dans une étude multicentrique dont l'importance et la diversité permettront de répondre de façon plus précise aux questions qui restent posées.

De nombreuses équipes chirurgicales ont accepté de revoir leurs patients et de participer à ce travail de groupe ; que chacun soit remercié pour les efforts fournis. Il s'agit de :

  •  
  • - D. Molé, B. Rio, H. Coudane (Nancy) - G. Walch, C. Levigne, A. Mandrino (Lyon) - J.F. Kempf, D. Nerisson (Strasbourg)
  • - M. Allard (Bordeaux) - A. Iserin (Paris) - P. Boileau (Nice) - H. Charles (Lille), P. Christel (Paris) - J.P. Franceschi (Marseille) - A. Frank (St Germain en Laye) - S. Hermann (Paris) - F. Kelberine (Aix en Provence) - D. Mailhé (Montpellier)
  • Le Docteur H. RESCH (Salzburg - Autriche), a accepté, avec ses collaborateurs (Dr SPERNER et THONI) de se joindre à ce travail et de nous faire profiter de son expérience et de sa technique originale, tant par le mode de fixation que par la voie d'abord utilisée. Nous le remercions tout particulièrement.

    Parmi un ensemble de 316 dossiers étudiés, six techniques arthroscopiques ont été retenues ; chacune sera présentée, ici, par le responsable du sous-groupe chargé de colliger les fiches d'évaluation. Il s'agit de

     

    - Technique d'agrafage de L. JOHNSON (D. Nerisson, Strasbourg) : 79 cas

    - Suture transglénoïdienne de CASPARI (B. Rio, Nancy) : 38 cas

    - Suture transglénoïdienne de MORGAN (P. Boileau, Nice) : 94 cas

    - Réinsertion par cheville résorbable SURETAC (M. Allard, Bordeaux) 33 cas

    - Réinsertion par ancre MITEK (A. Iserin, Paris) : 24 cas

    - Refixation extra-articulaire de RESCH (H. Resch, Salzburg) : 51 cas

    Au delà de l'exposé, par chacun de ses présentateurs, de sa technique et des résultats de son sous-groupe seront abordés, sous un angle descriptif puis analytique, les résultats d'ensemble de cette série de 376 cas qui constituent, à ce jour, la série la plus importante de la littérature.

     

     

    Traitement endoscopique de l'instabilité antérieure chronique de l'épaule par capsulorrhaphie avec agrafage

    RESULTATS D'UNE ETUDE MULTICENTRIQUE.

     

    D. Nerisson, J.F. Kempf*

     

     

     

  •  
    1.INTRODUCTION - DEFINITION

     

     

  • Son principe est la réinsertion du LGHI avulsé sur la face antérieure du col scapulaire au moyen d'une agrafe métallique, réalisant une technique de stabilisation gléno-humérale antérieure purement ligamentaire.

    C'est la technique de stabilisation sous-arthroscopie la plus ancienne, mise au point par L.L.Johnson [en 1982 ("Arthroscopic Staple Capsulorraphy").avec l'aide de son premier patient le Dr. Paish lui aussi chirurgien orthopédiste.

    C'est une adaptation à l'arthroscopie de la technique dite de "Johannesburg", évaluée et popularisée par Dutoit & Roux en 1956, mais exécutée la première fois par Perthès en 1906.

    Depuis 1987, nous (Pr. J.-F Kempf) avons choisi cette méthode pour traiter la majorité des patients présentant une instabilité récidivante antérieure, influencés par les résultats des travaux de Turckel conférant au LGHI le rôle stabilisateur antérieur primordial de l'épaule dans la position de l'armé.

     

     

  •  
    2. Indications et contre-indications

     

  • Les patients de l'équipe strasbourgeoise ont été sélectionné sur des critères:

     

    &emdash; Anamnestiques et cliniques. Dès le début de notre expérience, nous avons exclu les instabilités antérieures avec une hyperlaxité multidirectionnelle (sauf erreur) et les instabilités antérieures comportants plus de 10 épisodes de luxations.

     

    &emdash; Radiographiques. Suite aux recommandations de Johnson & Détrisac , ont été exclus d'emblée les éculements importants ainsi que les fractures de la marge glénoïdienne antéro-inférieure, considérées par ailleurs comme contre-indications à toute capsulorraphie par Patte.

     

    &emdash; Arthroscopiques. Un ligament gléno-huméral de trop mauvaise qualité devait proscrire de plus en plus, pour nous, toute tentative d'agrafage.

  •  

     

     

    3. Méthode.

     

     

  •  

    3.1. Préalable.

  •  
  • Le matériel comporte outre l’ instrumentation habituelle à toute arthroscopie de l’ épaule; une instrumentation spécifique de réinsertion: canule de 9 mm de Ø permettant le passage du porte-agrafe, agrafes en titane, crantées, de 20 mm de long, dont la base de 7 mm de Ø est percée d'un filetage, tige filetée porte-agrafe, pointe filetée, qui adaptée sur le porte-agrafe, le transforme en matériel d'ablation.

    L'Installation Pour nous, elle se fait en décubitus latéral. Le bras est maintenu en abduction de 45° et légère flexion (environ 15°) avec une traction de 3 à 5 kg selon la corpulence du sujet.

    Voies d'abord. Deux voies d'abord sont réalisées: d'abord la voie postérieure classique puis la voie d'abord antérieure sus-coracoïdienne par la manœuvre du "va et vient" de Wissinger décrite par Johnson.

     

  •  

    3.2. Les 4 temps arthroscopiques.

  •  

    Les trois premiers temps sont communs à tous les types de capsulorrhaphies.

     

    Bilan lésionnel.

    - outre la recherche de stigmates de l'instabilité antérieure chronique et de lésions associées (bourrelet, coiffe, ...)

    - précise pour nous les possibilités de réinsertion endoscopique du plan capsulo-ligamentaire en tenant compte des contre-indications liées à la qualité du ligament gléno-huméral inférieur, énumérées précédemment.

     

    Émondage et débridement.

    Avivement du site de réinsertion scapulaire.

    C'est une étape fondamentale et le soin et la patience apportés à sa réalisation conditionneront la qualité de la cicatrisation de la réinsertion ligamentaire.

     

    Retension et réinsertion ligamentaire. .

    Le but de la capsulorraphie par agrafage est d'obtenir

    - une réinsertion ligamentaire solide, tout en respectant une relative isométrie,

    - une réinsertion la plus anatomique possible du bourrelet.

    La réinsertion s'adresse au plan capsulo-ligamentaire antérieur, soit en général les ligaments gléno-huméraux inférieurs et moyens. Parfois, quand le premier est trop endommagé on peut se contenter de ne réinsérer que le moyen .

     

    Le geste se réalise ensuite en 3 temps:

     

    1.- On agrippe le plan ligamentaire au niveau de son bord supérieur en l'enjambant avec l'agrafe à proximité du bourrelet ou de ce qu'il en reste. Il est indispensable d'avoir une prise solide sous peine de déchirer le matériel ligamentaire.

    2.- Puis, par un mouvement de traction et rotation exercée sur le porte-agrafe, on amène le plan capsulaire en regard du pied de l'apophyse coracoïde sinon au dessus de l'équateur de la glène et en ne dépassant en aucun cas le rebord glénoïdien antérieur. Simultanément, la traction sur le membre supérieur est supprimée tandis que l'aide ramène le bras au corps tout en imprimant une rotation interne progressive d'environ 20° pour faciliter le positionnement de l'agrafe par le biais d'une détente du muscle sous-scapulaire.

    3.- L'impaction de celle-ci dans l'os cortical, dur bien qu'avivé, doit être exécutée le plus perpendiculairement possible de manière à ne pas ripper ce qui provoquerait des dommages ligamentaires ou une rupture de l'implant. Il est indispensable de ne pas trop impacter l'implant dont la tête doit émerger de la surface ligamentaire afin d'éviter tout phénomène de "coupe-cigare".

    Si l'étendue du décollement l'exige, une deuxième agrafe peut être nécessaire, voire une troisième comme l'ont fait parfois Matthews ou Coughlin.

  •  

     

     

  •  

    Une bonne tenue de l'agrafe est obtenue lorsque la mobilisation du porte-agrafe entraîne celle de toute l'omoplate. La tension capsulo-ligamentaire peut être, elle, évaluée au palpateur, et le positionnement de l'agrafe visualisé en introduisant l'optique par voie antérieure.

     

     

  •  

    3.3. Les critères de réussite sont:

  •  

    - une bonne tenue primaire dans l'os,

    - une agrafe ne dépassant pas le rebord glénoïdien, implantée au dessus de l'équateur de la glène,

    - l'obtention d'un "rideau" ligamentaire bien retendu, obturant les 2/3 inférieur de l'espace gléno-huméral,

    - l'absence de franchissement du rebord glénoïdien par la tête humérale lorsqu'elle est en rotation externe.

     

  •  

    3.4. Les difficultés:

  •  

    Ce geste de réinsertion et retension reste mal-aisé et cela tient à 3 facteurs:

    1 - l'absence de réel contrôle de la vue lors du positionnement de l'agrafe dans le col scapulaire, lorsqu'on utilise un optique à 30° introduit par voie postérieure;

    2 - un angle d'attaque du porte-agrafe jamais très favorable, (au mieux 30°/plan horizontal, 15°/plan sagittal), ni lors de la prise du ligament qui est très bas situé, ni lors de l'impaction , assez médiale. Dans les deux temps la mobilisation de l'instrument est restreinte par la présence du bord supérieur du sous-scapulaire et de l'apophyse coracoïde, ce qui tient à la voie d'abord antérieure sus-coracoïdienne. A Strasbourg nous n'avons cependant jamais utilisé la voie antérieure sous-coracoïdienne décrite par Wolf ;

     

    3 - les tentatives de réinsertions itératives provoquent de graves dommages ligamentaires réduisant rapidement toute chance de succès de l'agrafage

     

  •  

    3.5. En post-opératoire immédiat

  •  

    Aucun drainage n'est effectué ce qui évite certains aléas, et l'épaule est mise coude au corps dans une attelle amovible avant le réveil du patient.

     

     

     

     

  •  

    DONNEES DE LA LITERATURE

     

     

     

    Tableau récapitulatif

    des résultats des principales séries d'agrafage sous arthroscopie.

    (évaluation des résultats par fiche de C.Rowe)

    Auteurs

    (période)

     

    Année

    public.

     

    n =

     

    recul

    moy.

     

    Exc/bon

     

    Moy.

     

    Mauv.

     

    Récidives.

    (type)

     

    Johnson [

    82-84

     

    1986

     

    77

     

    2a

     

    -

     

    -

     

    -

     

    21%

    Lux

     

    Johnson

    85-87

     

    1989

     

    119

     

    3a

     

    -

     

    -

     

    -

     

    13%

    Lux

     

    Détrisac et Johnson 85-89

     

    1991

     

    148

     

    4a

     

    -

     

    -

     

    -

     

    11%

    lux

     

    Gross

    82-85

     

    1989

     

    12

     

    4a

     

    70%

     

    16%

     

    16%

     

    16%

    ?

     

    Matthews

    83-87

     

    1988

     

    25

     

    1,5a

     

    67%

     

    8%

     

    25%

     

    12%

    Lux

     

    Hawkins

    83-86

     

    1989

     

    50

     

    3,5a

     

    -

     

    -

     

    -

     

    12%

    Lux

     

    Sachs

    84-89

     

    1991

     

    41

     

    3,5a

     

    -

     

    -

     

    -

     

    29%

    Lux + SubL

     

    Sweeney

     

    1987

     

    38

     

    ?

     

    -

     

    -

     

    -

     

    5%

    ?

     

    Coughlin

    85-87

     

    1992

     

    57

     

    4a

     

    55%

     

    17%

     

    28%

     

    25%

    Lux + SubL

     

    Klein

    85-87

     

    1991

     

    24

     

    5a

     

    -

     

    -

     

    -

     

    ?

     

    Marcacci [

    87-90

     

    1991

     

    18

     

    2,5a

     

    76%

     

    14%

     

    10%

     

    5%

    lux

     

    Kempf

    87-91

     

    1992

     

    42

     

    1,5a

     

    57%

     

    31%

     

    12%

     

    7%

    Lux

     

     

     

     

  •  
    RESULTATS DE L'ETUDE MULTICENTRIQUE
  • Toutes les comparaisons ont été soumises à un Test Statistique.

    Communication des résultats: Test statistiquement significatif: TSS

    Test non statistiquement significatif: TNSS

    p < 0,001 signifie que les tests des différentes

    colonnes entre elles ont un p toujours inférieur ou

    égal à 0,001.

  •  
    1.MATERIEL

     

  •  

    1.2.GENERALITES

  • - 79 épaules chez 79 patients;

    -

     

    Age moyen à l'opération: 29,6 ans (17 à 68);

    - Recul moyen à la révision: 28,7 mois (17 à 54), recul connu dans 65 cas/79.

    - Terrain: - 83% de sportifs (66/79);

    - Epaules dominantes dans 68% des cas (54/79);

    - Taux de révision: 100% pour Strasbourg.

    - PROVENANCE DES EFFECTIFS:

  •  

    Strasbourg - Kempf.................. 55 patients. (69%)

    Montpellier - Mailhé ............... 13 patients (17%)

    Marseille - Franceschi ............. 8 patients (10%)

    Aix en Pce - Kelberine ........... 3 patients (4%)

  •  

    - SYMPTOMATOLOGIE CHRONIQUE PRE-OPERATOIRE:

     

    45 luxations récidivantes, douleurs chroniques associées dans 8 cas;

     

    24 subluxations récidivantes, douleurs chroniques associées dans 8 cas;

     

    10 EDI, dont 5 associées à un conflit sous-acromial.

     

     

     

  •  

    1.2. Détails concernant l'opération et ses suites

  •  

    &emdash; Nombre et situation des implants:

    100 agrafes ont été implantée chez 79 patients. Il s'agit de réinsertions de ligaments gléno-huméraux, sauf dans 2 cas où une ténodèse du tendon du sub-scapulaire a été rendue nécessaire devant l'absence de structures ligamentaires antérieures identifiables.

  • Position

     

    1 h

     

    2 h

     

    3 h

     

    4 h

     

    5 h

     

    Total

     

    Agrafe 1

     

    12

     

    47

     

    11

     

    7

     

    2

     

    79

     

    Agrafe 2

     

    1

     

    -

     

    4

     

    8

     

    4

     

    17

     

    Agrafe 3

     

    -

     

    -

     

    -

     

    4

     

    -

     

    4

     

  •  

    &emdash; Traitement des lésions associées:

    - 29 résections segmentaires et 6 débridement simple du bourrelet,

    - 3 ablations de corps étrangers,

    - 1 acromioplastie.

     

    &emdash; Suites post opératoires:

    - Immobilisation:

    Coude au corps;

    4,6 semaines en moyenne.

     

    - Reprise du travail:

    96% des cas (76/79),

    délai moyen de 10,2 semaines (1 à 60), délai connu dans 62 cas/79;

     

    - Reprise du sport:

    92% des cas (73/79),

    Délai moyen de 20,2 semaines (8 à 50), délai connu dans 63 cas/79.

     

    - Pas de complications précoces, hormis:

    2 migrations précoces d'agrafes dont les ablations n'ont cependant été pratiquée qu'a distance:

    - 1 migration précoce à J1 (agitation au réveil),

    - 1 migration à J8 (Reprise du sport intempestive!)

     

     

     

    2. RESULTAT GLOBAL ET DISCUSSION.

    Résultat objectif global (Score Duplay) = 79,2.

     

     

  •  

    2.1. Comparaison avec une série multicentrique de chirurgie conventionnelle

  •  

    "Chi2", TSS; p < 0,001

  • Résultat objectif

    global

     

    Bankart s/s A 1993

    (SFA)

     

    Bankart à ciel ouvert

    (Montpellier)

     

    Vissage capsulaire

    ( Bichat)

     

    Butée coracoïdienne

    (6 équipes)

     

    Nombre cas

     

    79

     

    102

     

    89

     

    1148

     

    Excellent

     

    29 37%

     

    24 24%

     

    38 43%

     

    436 38%

     

     

    = 61%

     

    = 62%

     

    = 65%

     

    = 76%

     

    Bon

     

    19 24%

     

    39 38%

     

    20 22%

     

    436 38%

     

    Moyen

     

    17 22%

     

    24 24%

     

    18 20%

     

    196 17%

     

    Mauvais

     

    14 17%

     

    15 14%

     

    13 15%

     

    80 7%
  • - Les Mauvais résultats sont en proportion identique à ceux des techniques ligamentaires conventionnelles de capsulorrhaphie, les butées ayant le meilleur score global.

    - Un nombre plus important de Moyens résultats aux dépens des Bons et Excellents font que la technique arthroscopique présente un score global inférieur à celui des techniques ligamentaires traditionnelles et très inférieur à celui des butées. Mais parmi eux seulement 6 patients ont eu une ablation d'agrafe !

     

     

  •  

    2.2. Influence de divers facteurs sur le résultat global

     

     

  •  

    n Lésions ligamentaires.

  • 5 types de lésions capsulo-labrales ont été retenus:

    Type 1: Complexe bourrelet-LGH normal avec hyperlaxité

    Type 2: Complexe bourrelet-LGH normal avec fracture de glène

    Type 3: Lésion de Bankart typique

    Type 4: Déchirure LGH - Bourrelet intact

    Type 5: Lésion de Bankart + Déchirure LGH.

  •  

    "Chi2"; TSS, (p = 0,0001) pour comparaison T3 et T4 uniquement.

    "t", TSS (p= 0,05) pour comp des score moyen T3 et T4.

    Type SFA

     

    T1

     

    T2

     

    T3

     

    T4

     

    T5

    n =

    2
    2
    57
    13
    5

    Sc global

    70,0
    77,0
    85,1
    69,3
    84,0

    Exc

    -
    -
    23 40%
    3 25%
    3

    Bon

    1
    1
    14 25%
    2 15%
    1

    Moy

    -
    1
    12 21%
    4 30%
    -

    Mau

    1
    -
    8 14%
    4 30%
    1
  • Le type anatomique de lésion labro-ligamentaire influence le résultat global:

     

    &emdash;> la présence d'une lésion purement ligamentaire (non-Bankart lesion) est très péjorative.

     

     

  •  

    n Les lésions osseuses.

  • Suite au bilan radio préopératoire et/ou aux données per-opératoires:

    - 32 lésions de la glène,

    - 49 encoches de Malgaigne,

    ont été retrouvées.

    L'étude des différentes populations comportant ou ne comportant pas ces lésions n'a pas permis de trouver une différence statistiquement significative.

     

    &emdash;> La présence de lésions osseuses "de passage" ne semble influencer le résultat global.

  • n La symptomatologie récidivante préopératoire.

  •  

    "Chi2", TSS, (p=0,001); "t", TNSS.

  • Clinique pré opératoire

     

    Luxations

     

    Subluxations / EDI

    n =

    45
    34

    Sc Duplay

    77,6
    81,3

    Exc

    16 35%
    13 38%

    Bon

    12 26%
    7 20%

    Moy

    7 16%
    10 29%

    Mau

    10 23%
    4 13%
  •  
    &emdash;> Le taux de mauvais résultats global est plus élevé en cas de symptomatologie chronique à type de luxations récidivantes.

     

     

  •  

    n La notion de difficultés per-opératoires.

  • Chez 22 patients - soit 27% des interventions- les opérateurs ont éprouvé des difficultés:
  • - soit pour saisir le LGH avec l'agrafe,

    - soit au temps de l'insertion osseuse,

    - soit les deux,

  • les obligeant à s'y reprendre à plusieurs fois, provoquant des dommages supplémentaires au niveau de la structure ligamentaire.

     

    &emdash;> La comparaison des deux sous-populations correspondantes a permis de constater que la présence de difficultés opératoires péjorait le résultat global.

  • 22 patients avec diff. OP, sc moy = 74,7,

    57 patients sans diff. OP, sc moy = 80,9.

  •  

    "t", TSS "limite" (p=0,05).

     

    3. RESULTAT ANALYTIQUE ET DISCUSSION.

     

     

  •  

    3.1. Stabilité

  •  

    Résultats: - Exc (25), stable = 55 (70%)

    - Bon (15), appr persistante = 11 (14%)

    - Moy (0), subluxation réc = 6 ( 7%)

     

    - Mau (-25), luxation réc = 7 ( 9%)

    Sur les 6 subluxations récidivantes post-opératoires, la symptomatologie préopératoire était composée de:

    - 4 luxations récidivantes,

    - 2 subluxations récidivantes.

    Sur les 7 subluxations récidivantes post-opératoires, la symptomatologie préopératoire était composée de:

    - 5 luxations récidivantes,

    - 1 subluxations récidivante.

     

    &emdash;> Dans l'ensemble le taux de moyens et mauvais résultats:

    - sont supérieurs à ceux obtenus en chirurgie conventionnelle,

    - sont identiques à ceux publiés par les auteurs nord-américains.

  • a) Influence de la symptomatologie pré opératoire.
  •  

    "Chi2", TSS, (p=0,0001);

  • Clinique pré opératoire

     

    Luxations

     

    Subluxations / EDI

    n =

    45
    34

     

     

     

    Stable

    30 65%
    25 73%

    Appréhension

    5 11%
    6 17%

    Subluxation

    4 9%
    2 7%

    luxation

    6 15%
    1 3%
  •  
    &emdash;> La présence de symptomatologie chronique à type de luxations péjore significativement le résultat concernant la stabilité. +++
  • b) Influence du type de lésion ligamentaire.
  •  

    "Chi2"; TSS, (p = 0,0001) pour comparaison T3 et T4 uniquement.

    Type SFA

     

    T1

     

    T2

     

    T3

     

    T4

     

    T5

    n =

    2
    2
    57
    13
    5

     

     

     

     

     

     

    Stable

    -
    -
    41 72%
    8 60%
    3

    Appréhens

    1
    1
    8 14%
    2 15%
    1

    Subluxation

    -
    1
    4 7%
    1 10%
    -

    luxation

    1
    -
    4 7%
    2 15%
    1
  • Le type anatomique de lésion labro-ligamentaire influence le résultat concernant la stabilité:

     

    &emdash;> la présence d'une lésion purement ligamentaire (non-Bankart lesion) est péjorative.

  • c) Influence de la présence d'une lésion osseuse.
  • &emdash;> Tout comme pour le résultat global, la présence de lésions osseuses "de passage" ne semble influencer le résultat concernant la stabilité.
  •  

    d) Influence de la position de l'agrafe ou des agrafes.

  • Deux types de positions ont été définie:

    &emdash; Sus équatoriale: au moins une agrafe à 1h ou 2h,

    &emdash; Sous-équatoriale: agrafes à 3h, 4h ou 5h.

     

    "Chi2", TSS, (p=0,0001); (pour les lignes 3 et 4)

  • Position des agrafes

     

    Sus-equatoriale

    (1h et 2h)

     

    Sous-equatoriale

    (3h, 4h 5h)

    n =

    59
    20

     

     

     

    Stable

    41 69%
    14 70%

    Appréhension

    10 15%
    1 5%

    Subluxation

    4 7%
    2 10%

    luxation

    4 7%
    3 15%

     

  • &emdash;> On constate que la position sus-équatoriale (d'une au moins des deux agrafes) est un facteur influençant favorablement le résultat concernant la stabilité. Meilleure mise en tension du plan capsulo-labral?

     

  •  

    3.2. Douleur

  • Résultats: - Exc (25), indolore = 46 (58%)

    - Bon (15), doul mvt forcé = 29 (37%)

    - Moy (0), doul permanente = 4 ( 5%)

    Parmi les patients ressentant des douleurs permanentes:

    - 3 n'ont pas été amélioré par l'ablation de l'agrafe,

    - 1 avait un conflit sous acromial associé.

    Parmi les patients ressentant des douleurs aux mouvements forcés:

    - 6 n'ont pas été amélioré par l'ablation de l'agrafe,

    - 1 présentait une capsulite,

    - mais 20 d'entre eux n'ont pas bénéficié d'ablation de l'agrafe.

     

  • a) Influence de l'ablation du matériel.
  • "Chi2", TSS, p = 0,01.
  • Résultat Douleur

    Avant ablation Agr.
    Après ablation Agr.

    Indolore

    31 30%
    46 58%

    Doul mvt forcé

    44 55%
    29 37%

    Doul permanente

    4 5%
    4 5%

     

  • b) Influence du positionnement de l'agrafe.
  • "Chi2", TNSS
  • Douleur

    Position Agr

     

    Caractère

    affleurant

     

    Agr

    sus-equat.

    Agr

    sous-equat

    Affleurante
    Non

    affleurante

    n =

    59
    20
    20
    59

    Indolore

    34 58%
    12 60%
    12 60%
    34 58%

    Doul mvt forcé

    23 39%
    6 30%
    7 35%
    22 37%

    Doul perm

    2 3%
    2 10%
    1 5%
    3 5%
  • &emdash;> Le positionnement de l'agrafe au niveau du col scapulaire ainsi que le caractère affleurant vis à vis de la tête humérale ne sont pas des facteurs pouvant influencer significativement le résultat concernant la douleur.

     

  •  

    3.3. Mobilité

  • Résultats: - Exc (25), = 66 (84%)

    - Bon (15), = 11 (14%)

    - Moy (5), = 3 ( 7%)

    - Mau (0), = 1 (_1%) (1 capsulite rétractile).

    &emdash;> Le positionnement de l'agrafe ne semble pas avoir d' influence sur le résultat concernant la mobilité.

    &emdash;> Les résultats sont meilleurs que ceux obtenus après stabilisation chirurgicale conventionnelle.

     

  •  

    3.4. Reprise des activités

  • Résultats:

    - Exc (25), reprise au niveau antérieur =44 (56%)

    - Bon (15), =20 (25%)

    - Moy (5), =11 (14%)

    - Mau (0), = 4 (_5%)

    &emdash;> La reprise de l'activité à niveau satisfaisant concerne 71% des opérés, ce qui est similaire aux taux de reprise obtenu après Bankart traditionnel et inférieur aux taux obtenus après butées.

     

     

    4. REPRISE OPERATOIRE.

    30 reprises chirurgicales ont été effectuées chez 27 patients.

    &emdash; pour douleur persistantes,

    &emdash; pour instabilité persistante.

    Ce qui constitue un taux de reprise de 38%.

    A noter qu'il y a eu 1 ablation systématique de l'agrafe et 1 mobilisation sous AG d'une capsulite.

     

  •  

    4.1. Ablation de l'agrafe pour douleur

  • Effectuée dans 23 cas en raison de la persistance des douleurs, avec un délai moyen après la première intervention de 9 mois.

    Parmi eux:

    &emdash; 8 ne sont pas améliorés par l'ablation du matériel (34%),

    &emdash; 15 deviennent indolents (66%).

    Rappelons qu'il reste 20 patients présentant des douleurs persistantes, et qui n'ont pas bénéficié d'ablation de leur agrafe.

     

  •  

    4.2. Stabilisation des instabilités persistantes

  • Effectuée dans 6 cas, repris par triple verrouillage selon Patte avec un délai moyen après la première intervention de 21 mois. L'ablation de l'agrafe a été pratiquée lors d'une intervention précédente (3 cas) ou dans le même temps (3 cas).

     

     

     

     

  • CONCLUSION

     

  • Le manque de recul fait que les résultats doivent être analysés avec la plus grande circonspection. La majorité des sous-populations individualisées étaient d'effectifs souvent trop restreints pour que des comparaisons de moyennes de score de Duplay puissent être statistiquement significatives.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • RESULTAT ANALYTIQUE: SYNTHESE

     

     

     

     

    Comparaisons

     

    Influence positive

     

    Influence négative

     

    Stabilité

     

    << butées

    < Bankart "ouvert"

    = Bankart "ouvert" si restriction de 40% des indications

     

    Subluxations/EDI

    Lésions de type 3 ou 5

    Agrafe en position sus-equatoriale

     

    Luxations

    Lésions de type 1,2 ou 4

    Difficultés OP

    Agrafe en position sous-equatoriale

     

    Douleur

     

    < Techniques "ouverte"

    = Techniques "ouvertes" si ablation syst Agr.

     

    Ablation du matériel

     

    Conflit non traité

     

    Mobilité

     

    >> toutes les techniques ouvertes

     

     

    Conflits

    ténodèse du sub-scapulaire

     

    Reprise activités.

     

    < Butées

    = Bankart "ouvert"

     

     

     

     

     

    INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS DE LA TECHNIQUE

  • Pour pouvoir obtenir des résultats comparables à ceux des capsulorrhaphies conventionnelles (Bankart), une sélection rigoureuse des patients est indispensable+++.

     

     

     

     

  •  

     

    Critères cliniques

     

    Critères anatomiques

     

    Indications

     

    - Subluxations récidiv.

    (traumatiques)

     

    - Lésions de types 3 ou 5

     

    Contre-indications

     

    - Luxations récidiv.?

    - Hyperlaxité multidirectionnelle

    - Conflit associé

     

    - Lésions de types 4, 1, 2

    - tous les LGH abîmés

    (notamment lors de diff OP)

    - Fracture ou écul. glène importantes (1/3 ant)

     

     

     

    RAISONS POUR LESQUELLES L'EXPERIENCE MERITE D'ETRE POURSUIVIE.

  • - technique plus simple que les sutures ou rivetage,

    - prise directe de la structure ligamentaire, sans utilisation d'un système de réduction (par ex. broche de Kirschner ou pince spéciale),

    - coût raisonnable car ne nécessite qu'une agrafe et son porte-agrafe (pas d'ancillaire de visée, etc...)

    - stabilité primaire dans l'os suffisante pour permettre la cicatrisation ligamentaire.