Etude prospective Symposium SFA 1999 :
Ligamentoplastie DIDT vs KJ.
J. Lemoine
V. Chassaing
Les Maussins Paris
Une
étude prospective été proposée aux membres
de la SFA.
Les critères d’inclusion
étaient :
-
patient opéré avant le 01/10/99,
-
chirurgie de première intention,
-
sans limite de délai entre l’accident et la ligamentoplastie.
Les patients présentant des lésions
méniscales, des lésions cartilagineuses (défect ou
arthrose) pouvaient être inclus ainsi que les patients ayant
bénéficié d’une plastie périphérique
extra articulaire, d’un geste périphérique sur les
structures ligamentaires, d’une ostéotomie ou d’un geste sur
le cartilage.
L’objectif est une analyse des habitudes des
chirurgiens qui ont répondu ainsi qu’une comparaison entre les
deux techniques les plus employées, le Kenneth Jones et le droit interne demi tendineux dans les
suites postopératoires c’est à dire jusqu’au
troisième mois date limite de l’étude.
438
dossiers ont été analysés, envoyés par 30
chirurgiens membres de la SFA répartis dans toute la France.
1-
Caractéristiques de l’étude :
Les
caractéristiques générales de la série sont sans
particularité pour l’âge moyen 23 ans et le sexe (59 %
d’hommes). La répartition CLAS est donnée par la figure 1.
Figure
1 :
en
pourcentage
La reprise des activités sportive n’a pas
pu être étudiée compte tenu du délai post
opératoire de 3 mois fixant les limites de l’étude.
Les atteintes cartilagineuses sont de 11% sur le
compartiment interne et de 6% sur le compartiment externe.
Les
lésions méniscales sont fréquentes. Les sutures sont
utilisées dans 5% sur le ménisque interne et dans 3% sur le
ménisque externe.
Figure
2 : ménisque interne et externe
en
pourcentage


2-
Type de ligamentoplastie :
La
figure 3 montre l’évolution dans le choix du type de transplant
utilisé entre 1994 et 1999. La plus importante modification est
l’émergence de la ligamentoplastie de type DIDT qui passe de moins
d’1% à 16,4%. Les allogreffes, les prothèses ont disparu.
Le Mac Intosh est moins utilisé par les membres de la SFA, peut
être compte tenu du caractère plus propice à la technique
arthroscopique des autres interventions. Le Kenneth Jones reste au même
niveau.
Si
en 1994 68% des reconstructions du LCAE étaient arthroscopiques, le
pourcentage atteint presque 100% en 1999. Le DIDT est utilisé presque
exclusivement à 4 faisceaux.
Les
complications sont sans particularité.
Figure 3
L’association à une plastie
extra-articulaire de type Lemaire est rare, 0,7% de la série globale.
Le patient a une rééducation en centre
dans 28% des cas et en ville dans 72%. Les suites opératoires ont
changé depuis 1994. En 1994 comme en 1999 plus de 90% des patients ont
cannes et attelle mais l’appui différé et le flessum de
protection ont presque disparu (29 et 19% vers 3 et 2%).
3-
Comparaison KJ/DIDT :
Les
deux techniques les plus utilisées sont le KJ 82,3% et le DIDT 16,4%.
Elles peuvent être comparées.
a-
Laxité :
La
laxité a été étudiée à 3 mois soit
manuellement (2/3 des cas) soit au KT1000. Si les résultats semblent en
faveur du DIDT (figure 4)il n’a pas été possible de mettre
en évidence de différence significative.

Figure 4
b-
Douleurs :
Les
suites opératoires sont moins douloureuses avec le DIDT par rapport au
KJ (p<005). Alors que 29% des KJ sont indolores à 45 jours et 58%
à 3 mois, 47% des DIDT à 45 jours et 70% à 3 mois le sont.
Les douleurs antérieures sont plus fréquentes. Les ischiojambiers
sont rarement douloureux avec le DIDT (figure 5).

Figure
5
c- Amplitudes articulaires :
La
récupération de l’extension est plus rapide et meilleure
avec le DIDT (p<O,OO5)
Figure
6
En
extension

La
flexion n’évolue pas de façon statistiquement
différente entre KJ et DIDT.
En
flexion

d- Circonférences :
Les
différences de circonférences du genou et de la cuisse 15 cm au
dessus du bord supérieur de la rotule ont été
analysées. Il n’y a pas de différence significative,
même si les résultats semblent plus favorables pour le DIDT
(figure 7).
Figure
7
a-
du genou :

b- de la cuisse :

Depuis 1994 les prothèses et les allogreffes
ont été abandonnées. Le DIDT est actuellement
utilisé dans près d’un cas sur 5. Le KJ reste très
nettement majoritaire et la plastie extra-articulaire associée reste
l’exception.
Dans les suites opératoires flessum de
protection et appui différé ont été
abandonnés.
Cette série prospective sans tirage au sort et
limitée au troisième mois post opératoire est critiquable
dans sa méthodologie.
En comparant KJ et DIDT on ne met pas en
évidence de différence sur la laxité post
opératoire (manuelle ou KT 1000) à 3 mois. Les résultats
à 6mois , voire plus, font défaut et sont nécessaires pour
conclure.
En
revanche les douleurs sont moins importantes avec le DIDT dans les suites
jusqu'à 3 mois et la récupération des amplitudes meilleure
en extension, alors qu’il n’y a pas de différence sur les
circonférences musculaires de cuisse et du genou.