ARTHROLYSE ARTHROSCOPIQUE POUR RAIDEUR DU GENOU

 

V. KATZ - P. GUILLON - P. BEAUFILS

Versailles

 

L’arthrolyse arthroscopique est une alternative à la mobilisation sous anesthésie et à l’arthrolyse à “ciel ouvert”, dans les raideurs du genou d’origine articulaire.

Le but de cette étude était d’en étudier les résultats fonctionnels et objectifs et de préciser certains sujets de controverse comme l’influence du délai pré-opératoire et de l’algodystrophie, l’intérêt de la section des ailerons rotuliens et la place de l’arthrolyse postérieure.

Matériel et méthodes :

Cette étude rétrospective comportait 47 patients (âge moyen de 34 ans), 25 femmes et 22 hommes. Ont été différenciées les raideurs avec limitation isolée de l’extension (groupe I : 11 cas), les raideurs avec limitation isolées de la flexion (groupe II : 19 cas) et les raideurs mixtes avec limitation de la flexion et de l’extension (groupe III : 17 cas). En effet ces différentes raideurs bien que souvent intriquées, correspondent à des lésions distinctes et il nous a semblé utile d’en étudier les résultats séparément.

Le délai avant l’arthrolyse était en moyenne de 8,5 mois (2 mois à 26 mois) et le recul de 16 mois (2 mois à 11 ans).

Les principales étiologies étaient les ligamentoplasties du ligament croisé antérieur (19 cas), les réparations ligamentaires en urgence (8 cas), les synthèses de fractures articulaires (5 cas), les immobilisations pour entorses (4 cas), les arthrites septiques (3 cas) et les ruptures de l’appareil extenseur (2 cas).

La mobilité moyenne pré-opératoire était de 7° de flessum et 88° de flexion (11° et 128° dans le groupe I, 0° et 70° dans le groupe II et 12° et 83° dans le groupe III).

Une algodystrophie sévère était présente dans 9 cas, essentiellement dans le groupe III (35% des malades du groupe III).

L’intervention a été réalisée par le même opérateur dans 44 des 47 cas, après échec d’une rééducation bien conduite. En plus de l’arthrolyse articulaire, les ailerons rotuliens ont été sectionnés chaque fois qu’il existait une limitation de flexion. Dans les limitations d’extension, les obstacles mécaniques antérieurs (nodules dans les syndromes du cyclope) étaient excisés, associés parfois à un élargissement de l’échancrure et dans 3 cas à une arthrolyse postérieure. La rééducation postopératoire était débutée de façon précoce, sous couvert d’une analgésie régionale.

Résultats :

Nous avons déploré 3 complications (6,3 %) ; 2 hémarthroses et une arthrite. 2 patients ont eu une arthrolyse itérative.

Le résultat subjectif global était “Bon” ou “Très Bon” dans 69 % des cas (100 % dans le groupe I, 68 % dans le groupe II et 50 % dans le groupe III).

Le flessum moyen est passé de 7° à 2° et la flexion de 88° à 121° (dans le groupe I, le flessum est passé de 11° à 1,5°, dans le groupe II, la flexion est passée de 70° à 119° et dans le groupe III, les mobilités sont passées de 12°/83° à 4°/118)°.

Le délai avant l’arthrolyse a influencé les résultats avec de meilleurs gains lorsque le délai était inférieur à 3 mois.

Mais c’est le type de raideur qui a été le facteur pronostique principal avec 100 % de bons résultats dans les syndromes du cyclope, 63 % de bons résultats dans les limitations de flexion et seulement 44 % de bons résultats dans les raideurs mixtes.

Ni l’age des malades ni l’importance de la raideur préopératoire n’ont influencé le résultat.

Discussion :

Les bons résultats  de la série, mais également ceux de la littérature, sont obtenus au prix d’une faible morbidité.

Nous avons constaté une certaine disparité de résultats en fonction du type de raideur.

Le traitement des syndromes du cyclope (groupe I) donne les meilleurs résultats. Dans les limitations isolées de flexion (groupe II) les résultats sont également bons (les auteurs insistent sur la nécessité de sectionner les ailerons rotuliens dans ces cas). C’est dans le groupe des raideurs mixtes (groupe III) que les résultats objectifs et fonctionnels sont les moins bons. Le taux important d’algodystrophies dans ce groupe indique qu’il existe dans ces cas, des lésions spécifiques, difficiles à traiter. Il s’agit de phénomènes inflammatoires et de rétractions qui s’ajoutent aux lésions mécaniques (butoirs et adhérences) retrouvés dans la plupart des autres cas.

Si devant un tableau évident d’algodystrophie, l’opérateur est généralement prudent, il devra l’être également devant une raideur mixte. Par exemple, un flessum après une ligamentoplastie n’est pas forcément un syndrome du cyclope, s’il existe également une limitation de flexion. C’est dans de telles situations que l’arthrolyse postérieure peut avoir une place.