double”
et fixation par vis d’interférence
résorbable.
Résultats
à 3 ans d’une étude prospective.
D.
COMBA, G. SANDRUCCI* , L. BORRONI et
A. MARQUARDT*.
Casa di Cura Koelliker – Torino
Ospedale Evangelico Valdese di Torino
* Clinica Ortopedica II
– Università di Torino
La
reconstruction du ligament croisé antérieur utilisant un
transplant prélevé aux dépens tendon rotulien est, sans
doute, la technique plus populaire
en chirurgie ligamentaire, mais les séquelles, surtout au niveau de
l’appareil extenseur, peuvent constituer une limite à la reprise
d’une activité sportive au niveau précédant la
rupture du LCA.
Nous
avons donc choisi une technique chirurgicale alternative, utilisant les tendons
ischio-jambiers (DI-DT) fixés avec la même méthode
réalisée pour le tendon rotulien : la vis
d’interférence bio-résorbable (Bio-Screw, Linvatec).
Les objectifs étaient de comparer les
résultats d’une technique différente (DI-DT), qui parait
plus simple (moins de complications et rééducation plus facile),
avec les bons résultats des tendons rotuliens (TR).
En 1996, nous
avons commencé une étude prospective clinique utilisant la fiche
IKDC, l’analyse du saut monopode et le test KT-1000 en
préopératoire et en postopératoire . Les patients ont été assignés
à 2 groupes avec des critères randomisés: Groupe DI-DT (75 cas) et Groupe TR (30
cas). Tous les patients avaient une rupture du ligament croisé
antérieur et une instabilité symptomatique et ont
été opérés par le meme chirurgien (D.C.).
L’age moyen était de 29,6 ans pour le groupe DI-DT et
24,7 ans pour le groupe TR. Les
hommes étaient 59 dans la série DI-DT (79%) et 21 dans la
série TR (70%). L’intervalle entre la rupture du LCA et
l’intervention était de 25 mois pour le groupe DI-DT et 26.8 mois
pour le groupe TR. Les seules
opérations précédentes ont été des méniscectomies
arthroscopiques, pour 5 cas de la
série DI-DT et 1 cas de la
série TR. Au moment de la
reconstruction du LCA, on a réalisé 36 fois un geste
associé pour le traitement d’une lésion méniscale
dans la série DI-DT: 29 méniscectomies et 7 sutures
méniscales. Les lesions
méniscales que nous avons traité dans la série TR etaient
17: 13 méniscectomies et 4 sutures.
La technique
chirurgicale pour la reconstruction du LCA avec les tendons ischio-jambiers et
fixation par vis d’interférence comporte 2 gestes
opératoires importants:
·
La
préparation de la greffe tendineuse, avec tressage et “compaction”
des extremités au fil résorbable #1 (30 mm proximale et 40 mm distale). (Fig. 1 et 2)
·
La
préparation des tunnels osseux au diamètre de 6 mm et la
“compaction” de l’os spongieux avec dilatateurs de
diamètre croissant. (Fig. 3) pour obtenir un “press-fit”
optimal.
Les suites
opératoires ont été les mêmes dans les 2
séries: appui immediat , flexion active et extension passive durant les
premiers 15 jours, rééducation
avec travail en chaîne cinétique fermée pour les extenseurs
et ouverte pour les fléchisseurs.
Les
complications dans les deux séries etaient: 3 infections (dont 2
cutanées) pour les Di-DT et 1 pour les TR. 1 hématome pour un cas du groupe DI-DT et 1 syndrome
neuro-algodystrophique dans le groupe TR.
L’évaluation
a été faite par 2 médecins (G.S. et A.M.) différents
de l’opérateur, sur 103 patients (105 opérés)
à 12, 24 et 36 mois, suivant 3 critères: fiche IKDC,
arthromètre KT-1000 et saut monopode (one leg hop test).
Résultats
· Fiche IKDC: 63 patients (84%) du groupe
DI-DT et 24 patients (82%) du groupe TR présentaient un genou normal ou
presque normal (score A + B). 9 cas (12%) de genou “anormal” (score C)
et 2 (2,6%) cas de genou
“très anormal” (score D) dans la série DI-DT . 3 cas (10,3%) de score C et 2 cas
(6,8%) de score D dans le groupe TR.
· KT-1000: La laxité résiduelle évaluée au
KT-1000 ne montrait pas de différence statistiquement significative
entre les résultats des 2 séries DI-DT et TR. Au test
“manual maximum”, 43 patients (57%) du groupe DI-DT et 17 patients
(56%) du groupe TR présentaient une laxité entre 0 et 2 mm. Dans
29 cas (29%) des DI-DT et 9 cas (31%) des TR, on a trouvé une
laxité antérieure objective entre 3 et 5 mm. 9 cas du groupe DI-DT et 3 cas du groupe TR présentaient une laxité
supérieure à 5 mm.
· Saut monopodal: Le test “one leg
hop” a montré dans la série DI-DT un bon
résultat ( >90% de la
distance réalisée du coté sain) dans 54 cas (72%). Pour la série TR, 22 patients
(75%) ont sauté une distance supérieure à 90%.
Conclusions
Le transplant ischio-jambiers “DI-DT 4 faisceaux”
constitue une greffe très
forte et rigide, avec une valeur
mécanique majeure , par rapport aux autres autogreffes. Le
système de fixation avec simple vis d’interférence résorbable nous a permis d’alléger
l’intervention, les suites opératoires et les complications sur
l’appareil extenseur, sans perte sur la laxité. Il nous paraît important, pour
obtenir une bonne stabilité immédiate, de réspecter les principes
suivants:
1. “compacter” les
tendons (tressage et “compaction”
des extrémités de la greffe).
2. “compacter” les
tunnels osseux (dilatation manuelle avec instruments au diamètre
croissant).
3. chercher à obtenir un
“press-fit” maximum
entre tendons et os.
4. Utiliser des vis
résorbables du même diamètre que les tunnels ( ou supérieure de 1 mm)







FIG.
1 : TRESSAGE DU TRANSPLANT
FIG. 2 : « COMPACTION » DES EXTREMITES DE LA GREFFE

FIG. 3 : DILATATEURS
DE TUNNEL
