CLASSIFICATION ARTHROSCOPIQUE DES LESIONS DU CARTILAGE

T. Boyer.

Clinique Nollet . Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il existe dans la littérature plusieurs classifications arthroscopiques  des lésions du cartilage.

 

Outerbridge en 1961(4) a proposé une classification en 4 stades :

 

I Ramollissement (fig N°1)

 

 

II Fissurations sur une surface de moins d’ 1/2 pouce (fig N°2)

 

 

III Fissurations sur une surface de plus d’1/2 pouce(fig N°3)

 

 

 

IV Ulcération mettant à nu l’os sous-chondral (fig N°4)

 

Cette classification a fait très longtemps référence et reste très utilisée dans la littérature anglo-saxonne.

 

 

La classification de Tippett (5) est plus complète et fait apparaître pour les ulcérations la notion de surface lésionnelle. Bien qu’elle intègre des types lésionnels difficiles à classer dans les 4 stades d’Outerbridge, cette classification en 8 stades n’a pas été utilisée en pratique.

I ramollissement

II fissures linéaires

III idem avec bords fibrillaires

IV érosion superficielle

V érosion profonde sans os à nu

VI ulcération complète de moins de 1cm

VII  idem plus de 1cm

VIII os éburné avec lésion en miroir

 

 

En France, Beguin et Locker (1) ont proposé en 1983 une classification en 4 stades. Les stades I et IV sont les mêmes que ceux d’Outerbridge . Les stades II et III ne tiennent pas compte de l’étendue des lésions fissuraires mais de leur profondeur. Les fissurations «superficielles»  n’atteignant pas l’os  représentent le stade II ; les fissurations profondes atteignant l’os constituent le stade III.

 

Un score cartilagineux a été proposé pour le genou en 1992 par la Société Française d’Arthroscopie (2). Il a pour avantage de pouvoir quantifier le degré de dégradation du cartilage en tenant compte de la profondeur et de l’étendue des lésions. La profondeur est appréciée par la classification de Beguin et Locker . L’étendue est appréciée par un pourcentage : surface atteinte / surface totale du compartiment.

Ce score a l’avantage important d’introduire dans la description des lésions la notion d’étendue lésionnelle. Il a également l’intérêt de permettre un suivi des patients en cas de réarthroscopie ou de chondroscopie dans certains protocoles thérapeutiques.

 

Les nouvelles techniques de réparation du cartilage concernent les défects cartilagineux et les niches d’ostéochondrite . Les lésions dégénératives ne sont pas concernées. Le siège, l’étendue, la profondeur des lésions doivent êtres parfaitement appréciés afin de décider l’indication des différentes techniques. Cette précision est particulièrement nécessaire en cas de mosaïcplastie puisque la taille et le nombre de greffes dépendent de la surface du défect.

 

L’International Cartilage Repair Society (I.C.R.S) a proposé une fiche qui permet de localiser précisément les lésions, d’apprécier leur profondeur et leur étendue. C’est cette fiche qui servira de référence dans ce symposium (3).

 

La fiche ICRS classe des lésions traumatiques selon  leur profondeur en 5 grades (fig.n° 5)  :

           

            0 : cartilage normal

            1 : lésion superficielle

2      lésion plus profonde mais ne dépassant pas 50% de l’épaisseur du cartilage

3      : lésion atteignant  dépassant  50% de l’épaisseur du cartilage, respectant ou non  la plaque calcifiée.

4      Lésion atteignant  l’os sous-chondral

 

Le siège de lésion est noté sur un schéma. La taille des lésions en millimètres est notée dans 2 axes perpendiculaires (longueur et largeur) avant et après débridement des bords.

 

La fiche ICRS permet également d’évaluer arthroscopiquement la réparation  pour les techniques de greffe de chondrocytes, de greffe ostéo-chondrale ou pour les perforations.

·      Le pourcentage de couverture :

100% :     4 points

>  75% : 3 points

>  50%   : 2 points

> 25%    :  1 point

< 25%    :  0 point

* L’intégration aux bords de la lésion attribue également de 0 à 4 points :

Intégration parfaite : 4 points

Sillon inférieur à 1 mm de large : 3 points

3/4 d’intégration : 2 points

1/2 d’intégration : 1 point

1/4 ou moins : 0 point

 

* La qualité macroscopique de la réparation est également côtée à l’aide de 4 points :

Cartilage normal : 4 points

Fibrillations : 3 points

Fissures superficielles : 2 points

Fissures profondes : 1 point

Dégénérescence complète : 0 point.

 

L’ensemble de ces cotations est reprise pour attribuer à la réparation une note globale d’évaluation finale en 4 grades :

Grade I : 12 points

Grade II : 11 à 8 points

Grade III : 7 à 4 points

Grade IV : 3 points ou moins

 

 

 

En conclusion :

Il existe plusieurs classifications arthroscopiques des lésions du cartilage . Les techniques de réparation et stimulation des défects cartilagineux qui font l’objet de ce symposium ont justifié une classification détaillée et adaptée à ces techniques .

La classification I.C.R.S est actuellement la mieux adaptée et a été retenue pour ce symposium.

 

Références

 

1-Beguin J, Locker B Chondropathie rotulienne . In : 2ème journée d’arthroscopie du genou,1,89-90, Lyon méd.1983.

 

2-Dougados M, Ayral X , Listrat V. et al. The SFA systeme for assessing articular cartilage lesions at arthroscopy of the knee.Arthroscopy, 1994,10,69-77.

 

3- Internationnal Cartilage Repair Society : congrès de GÔTEBORG Mai 2000

 

4-Outerbridge RE . The etiology of chondromalacia patellae. J Bone Joint Surg. 1961,43B,752-7.

 

5-Tippett JW. Articular cartilage drilling and osteotomy in osteoarthritis of the knee.

Operative arthroscopy. Second edition. Mac Ginty JB,Caspari RB,Jackson RW,Poehling GG  éd.

1996,Lippincott-Raven Publishers. Philadelphie. USA.