RESULTATS DE L’EXPERIENCE MULTICENTRIQUE SFA
Des autogreffes osteochondrales en mosaique
G. VERSIER, PY. LE COADOU
et les membres du symposium sur les réparations des pertes de substances ostéochondrales
Cette étude
préliminaire rétrospective et multicentrique de 86 cas est
encourageante et corrobore les résultats des promoteurs de la technique,
MATSUSUE et HANGODY.

fig. 1 et fig
2: avulsion chondrale

2.
materiel
et moyens d’ETUDE
a- provenance des dossiers (tableau n°1) :
Nous avons regroupé 86
dossiers provenant de 12 centres différents. La répartition en
fonction des centres et des opérateurs est détaillée dans
le tableau n°1. L’expérience acquise sur cette technique par
les différents opérateurs est très variable mais tous sont
des chirurgiens du genou confirmés.

chirurgien
|
ville |
nb de cas
|
JF. POTEL |
TOULOUSE |
20 |
|
P. CHRISTEL |
PARIS |
12 |
|
g. versier |
saint-MANDE |
9 |
|
H. BOBERT |
mayenne |
9 |
|
J. BAHUAUD |
BORDEAUX |
7 |
|
G. BELLIER |
PARIS |
7 |
|
P. LANDREAU |
PARIS |
7 |
|
P. DJIAN |
PARIS |
6 |
|
p. beaufils |
versailleS |
4 |
|
p. buisson |
brest |
2 |
|
e. cohen |
marseille |
1 |
|
jp. besse |
louviers |
1 |
|
t. bouchet |
paris |
1 |
|
J. ES-SAYEH |
MAYENNE |
1 |
TABLEAU N°1 :
répartition par chirurgien et selon le nombre de cas
a.
critères de sélection :
La sélection des dossiers a été faite :
* en
fonction du recul (initialement minimal de 12 mois, le recul minimum a
été abaissé à 6 mois afin de disposer de plus de
dossiers),
*
en fonction du type de lésion (avulsion chondrale ou
ostéochondrale, et ostéochondrite disséquante),
indépendamment de l’ancienneté, de la taille et du
siège de la perte de substance, mais aussi des lésions
associées (LCA, ménisques…)
* en excluant les
lésions d’arthrose (lésion en miroir), les chondropathies
de stade I et II selon l’ICRS, les lésions greffées sans
correction préalable ou simultanée d’une laxité ou
d’un défaut d’axe important et les patients de plus de 50
ans qui ont vraisemblablement des capacités de réparation
cartilagineuse plus limitées.
b.
moyens d’étude
La fiche de révision
utilisée (ICRS) a été établie à partir de la
fiche d’évaluation de la réparation des lésions du
cartilage de l’International Cartilage Repair Society. Elle
comporte :
* une partie
préopératoire générale (identification du patient,
niveau d’activité, étiologie et antécédents),
*
l’état fonctionnel préopératoire (items fonctionnels
et fiche IKDC),
* les
données du traitement chirurgical (en particulier une évaluation
de la taille, de la profondeur et de la localisation de la lésion,
nombre et taille des greffons ainsi que leur origine, les gestes
associés),
* la
révision clinique (même items qu’en
pré-opératoire), et les aspects radiologiques et arthroscopiques
du site greffé (bilan
chiffré de la réparation en terme de couverture,
d’intégration jonctionnelle et d’aspect macroscopique). Des
items manquant ont été rajoutés en cours
d’exploitation (hauteur des greffes, différents diamètres
des plots, surface estimée et calculée de la lésion,
…). On peut reprocher à cette fiche d’être
pénalisante en cas de laxité associée (cotation IKDC).
Les résultats seront donc énoncés en résultats
fonctionnels et en résultats globaux intégrant une
éventuelle laxité résiduelle.
L’étude
statistique a été réalisée sur le logiciel Epi Info
6.0 permettant l’étude qualitative et quantitative des
résultats (test Chi², correction de Yates, test de Fischer, test de
Kruskall Wallis, test de Student…).
3.
RESULTATS
a. Les données
épidémiologiques sont classiques :
- le sexe ratio est de 1 femme
pour 4 hommes, on dénombre 16 femmes pour 70 hommes.
- le coté droit est
atteint 40 fois, le gauche 46 fois.
- l’âge moyen
à la greffe est de 28 ans
(+/- 8 ans 5 mois), avec un âge minimum de 15ans et un âge
maximum de 50 ans. Cet âge est significativement plus bas (p=0.04) pour
les ostéochondrites ( 26 ans +/- 8 ans 8mois ) que pour les avulsions
(29 ans 8 mois). La répartition au sein des classes d’âge
est représentée dans le tableau n°2.
TABLEAU N°2 : classes d’âge

b.
les étiologies
sont représentées par :
* des avulsions
chondrales ou ostéochondrales post-traumatiques dans 53 cas survenant 46 fois lors d’un accident
du sport, 4 fois lors d’un AVP, et
10 fois lors d’un accident du travail. 3 lésions sont
survenues progressivement lors d’activité sportive
régulière sans traumatisme inaugural violent.
* des
ostéochondrites disséquantes dans 33 cas, révélées 12 fois par un traumatisme
(6 fois par un traumatisme du sport, 1 fois par des microtraumatismes sportifs
et 5 fois par un accident du travail).
c.
Le morphotype a été noté 44 fois normal, 36 fois
en varus et 6 fois en valgus.
d.
Le status préopératoire
Le niveau d’activité avant l’apparition des symptômes
ou du traumatisme est significativement différent entre les 2 types
lésionnels, avec un niveau plus élevé pour les patients
porteur d’avulsion ostéochondrale (44 niveau I, 8 niveau II et 1
niveau III) par rapport aux porteurs d’ostéochondrite (19 niveau
I, 7 niveau II, 5 niveau III, et 2 niveau IV).
D’ailleurs, ces 2 populations ont un niveau sportif différent. Le
niveau sportif a été catégorisé classiquement en
« compétition » (38 cas),
« loisir » (33 cas), « actif » (10
cas) et « sédentaire » (5 cas). Cette
répartition est significativement différente (p=0.03) entre les 2
types de lésions traitées (tableau n°3).
Le type de sport pratiqué (tableau n°4) a été
subdivisé en 3 catégories : 48 sportifs en pivot et contact
(football, handball, basket, sports de combats, parachutisme,
gymnastique…), 22 sportifs en pivot sans contact (ski, volley,
tennis…) et 1 sportif sans pivot ni contact (vélo,
natation,…). 15 patients n’étaient pas sportifs.
Le délai thérapeutique (temps écoulé entre
l’apparition des signes et l’intervention) est significativement
plus court (p=0.03) pour les avulsions traumatiques (26 mois) que pour les OCD
(36 mois), du fait du caractère plus aigu de la lésion et de la
géne qu’elle induit (tableau n°5). Ce délai est de 30
mois pour la série globale.
TABLEAU N°3 : répartition
des activités dans les 2 populations
TABLEAU N°4 : répartition
du type de sport pratiqué selon le type de lésion

TABLEAU N°5 : délai thérapeutique
Seulement 37 patients (43%) avaient
un genou indemne de toute chirurgie avant la greffe:
- 11 patients avaient
déjà subi un traitement de la lésion cartilagineuse par une
méthode conventionnelle (5 perforations de Pridie, 3
débridements, 1 curetage d’OCD, 2 vissages d’OCD)
- 17 stabilisations
ligamentaires pour laxité antérieure (dont 2 par prothèse
ligamentaire synthétique)
- 18 arthroscopies (7 pour
exérèse de corps étrangers, 7 arthroscopies diagnostiques,
et 4 pour régularisation méniscale)
- 2 ostéotomies
tibiales de valgisation
Les patients porteurs de lésions par avulsion avaient déjà
subi une intervention préalable sur le genou dans 51% des cas (1 sur 10
ont eu un traitement de la lésion cartilagineuse et 3 sur 10 une
stabilisation d’une laxité antérieure). 10 patients
(30%) porteur d’une OCD ont
été opérés initialement : 6 fois pour le
traitement de la lésion cartilagineuse et 1 seule fois pour une ligamentoplastie
du LCA.
L’appréciation de l’état clinique
préopératoire a été réalisée au
travers d’items fonctionnels et cliniques (IKDC). En
pré-opératoire :
*
l’état fonctionnel est
limité dans 99 % des cas (limité 53 fois et très
limité 32 fois), et ceci indépendamment du type de lésion
initiale (p=0.38).
*
comparativement au genou opposé, le
patient estime la valeur du genou lésé inférieure:
- à 60% de
celle du genou controlatéral sain dans 31 cas,
- de 30 à
60% dans 44 cas
- de 10 à 30%
dans 10 cas
1 seul patient estime ne pas avoir de différence entre les 2 genoux.
Cette évaluation est significativement plus péjorative pour les
patients présentant une avulsion que pour les porteurs
d’ostéochondrite (p=0.02)
*
une échelle visuelle a évalué la douleur de 0 à 10 :
- stade I (0-1) 2
patients
- stade II (2-3) 11
patients
- stade III (4-6) 47
patients
- stade IV (7-10) 26
patients
Cette appréciation de la douleur n’a pas été
différente entre les 2 types de lésions chondrales (p=0.76).
* L’appréciation clinique selon la grille IKDC montre une différence très significative (p=0.006) entre OCD et avulsion chondrale essentiellement en relation avec l’item laxité (p=0.0003).
Le niveau d’activité a franchement
diminué puisque 4 patients seulement sont d’un niveau
d’activité I ou II avant l’intervention contre 78 (sur 86)
avant l’apparition des symptômes. Cette baisse est comparable dans
les 2 groupes (p=0.15).
L’impression subjective est
péjorative avec 97% des patients C ou D, essentiellement par impression
de mauvais fonctionnement du genou. Il existe une impression subjective
significativement moins bonne pour le groupe
« avulsion », en relation avec le plus fort taux
d’instabilité et de laxité (p=0.004) par rapport au groupe
OCD.
Il en est de même pour l’item « signes
fonctionnels » où 98% des patients sont C ou D. La
différence entre les 2 groupes est statistiquement significative pour
les items insécurité et instabilité (p=0.004)
La mobilité articulaire est
classée A (complète) pour 83% des patients, B pour 14% et C pour
3%.
Une laxité ligamentaire antérieure
est notée chez 25 patients (dont 1 seul porteur d’OCD), ce qui
explique la disparité de ces 2 groupes en terme de cotation IKDC et de
fonction, la laxité pénalisant le groupe des lésions par
avulsions (p=0.001), et ce qui nous conduira à analyser les
résultats dans 3 groupes : ocd, traumatique isolé,
traumatique associé à une lésion ligamentaire.
L’évaluation globale IKDC est
exposée dans le tableau ci-dessous :
|
IKDC |
A |
B |
C |
D |
|
Global |
0 |
1 |
26 |
59 |
|
OCD |
0 |
1 |
15 |
17 |
|
Avulsion |
0 |
0 |
11 |
42 |
e.
La lésion ostéochondrale
Le siège de la
lésion est situé 2 fois sur 3 sur le
condyle interne (57 cas), 1 fois sur 4 sur le condyle externe (21 cas) . La
lésion était 5 fois sur la rotule et 3 fois sur la
trochlée. Le condyle interne est intéressé dans 82% des
OCD contre 57% des avulsions (p=0.016)
La taille de la
lésion a été en
moyenne de 2.11 cm² (de 0.20 à 9.4), en sachant que la
mesure a été dans la majorité des cas approximative
(parfois donnée en cm) et largement surestimée si l’on se
fie à la greffe réalisée et à la surface
objectivement couverte (diamètre des plots).
La taille moyenne des ostéochondrites est de 2.35 cm +/- 1.7 (0.6
à 9.3) et celle des avulsions de 1.96 cm +/- 1.9 (0.2 à 9.4),
cette différence n’étant pas statistiquement significative
(p=0.17).
Par définition, nous
avons retenu pour cette étude les lésions profondes, de grade III et IV, c’est à dire
allant jusqu’à l’os sous chondral en le respectant dans
36 cas (III) ou l’atteignant dans 50 cas (IV). Les OCD sont plus significativement
(p=0.05) profondes (24 stade IV et 9 stades III) que les avulsions (27 stade
III et 26 stade IV).
f.
Le geste chirurgical réalisé
a été dans tous les cas une greffe autologue ostéochondrale
selon la technique de la mosaicplasty d’L. HANGODY ou similaire,
à l’aide 68 fois de l’instrumentation Acufex*, 17 fois
de l’instrumentation Arthrex*, et 1 fois avec une instrumentation non
précisée.
La voie d’abord a été
- 25 fois purement
arthroscopique (prélévement et implantation), 9 fois pour des
OCD, 16 fois pour des avulsions. La taille moyenne de la lésion a
été estimée à 1.75 cm, taille significativement
plus petite (p=0.04) que pour les autres patients ce qui est corroboré
par le fait que la lésion a été comblée par moins
de plots (3.24 +/-1.59) que dans
la série globale (4.52). Les plots les plus fréquemment
utilisés sont des plots de 4.5 (19 des 25 patients), souvent multiples.
L’autre alternative rencontrée 5 fois a été
l’utilisation d’1 ou 2 gros plots de 7, 8 ou 10 mm de
diamètre.
Le site de prélévement arthroscopique a été 19 fois
la berge interne de la trochlée, 2 fois la berge externe, 2 fois les 2,
2 fois l’échancrure.
- 39 fois
l’arthrotomie, le plus souvent du côté de la lésion
qui était d’ailleurs significativement (p=0.04) plus grosse (2.6
cm). Le geste à ciel ouvert a été souvent
précédé d’une arthroscopie diagnostique confirmant
la lésion mais durant laquelle aucun geste appartenant à la
technique de greffe (prélèvement ou mise en place des greffes)
n’a été réalisé.
- 22 fois l’abord a
été mixte, associant le plus souvent un abord pour le
prélévement et une implantation arthroscopique ou plus rarement
un prélévement arthroscopique et une implantation à ciel
ouvert.
Le type de lésion et son site n’ont pas significativement
influencé la voie d’abord (p=0.4), contrairement à sa
taille.
Le site de
prélévement est
resté préférentiellement (71 sur 86) centré sur le
pourtour de la trochlée, quelque soit le type de la lésion
chondrale avec 42 prélévements sur la berge interne, 12 sur la
berge externe et 17 les 2 berges. Les autres cas ont eu des
prélévements sur l’échancrure (9 cas isolés
et 3 cas associés à un prélèvement sur la berge
interne de la trochlée), ou associés.
Le nombre de plots
implantés est en moyenne de
4.52 +/-2.5 (4.67 pour les OCD, 3.26 pour les avulsions). Les dimensions des
plots utilisés sont adaptés à la lésion et
dépendent de l’ancillaire utilisé. Les diamétres
s’étalent de 2.7 à 10 mm mais les gros diamétres sont
rarement utlisés, aux dépens des diamétres 3.5 et 4.5 qui
représentent dans tous les cas les diamètres les plus
fréquents.
La hauteur des greffes est habituellement de 15 mm (99% des avulsions), mais en
cas d’OCD, 12 patients sur 33 ont eu des greffes de 20 mm et 2 de 25 mm
compte tenu de la profondeur de la lésion.
L’appréciation
visuelle de la couverture de la greffe
par le chirurgien en fin d’intervention remet en question
l’appréciation dimensionnelle de la surface lésionnelle
avant greffe.
En effet, selon les chirurgiens, la couverture après greffe
apparaît supérieure à 70% de la perte de substance chez
72 patients (soit 84%), entre 50 et 70% chez 10 patients (11%) et
inférieur à 50% chez 3 patients. Cette répartition est
comparable quelque soit l’étiologie.
Par contre, on constate qu’il existe une surévaluation de la
lésion initiale car à la taille annoncée, par rapport
à la surface calculée des plots implantés, correspond une
couverture de 51% (8 à 100%) avec seulement 22 cas (26%)
supérieur à 70% de la perte de substance. Cette surestimation
(p<0.0001) est identique dans les 2 groupes (couverture de 46% pour les ocd
contre 54% pour les avulsions, p=0.28).
Une greffe spongieuse
complémentaire a
été réalisée entre les plots chez 11 patients (cas
plus récents) soit dans 18% des ostéochondrites contre 9.4% des
avulsions (p=0.25). Le résultat global (cf ci-dessous) semble meilleur
(6A, 3B, 2C, 0D) qu’en absence de greffe mais cette différence
n’est pas statistiquement significative (p=0.15).
Des gestes ont
été associés
dans le même temps opératoire :
1.
un geste cartilagineux complémentaire
a été utilisé dans 6 cas (2 perforations, 2 débridement
et 2 vissage de fragment d’OCD). Ce geste n’a pas eu d’influence
sur le résultat final (p=0.9).
2.
une réaxation a
été nécessaire pour corriger un défaut d’axe
important avec 7 ostéotomies tibiales de valgisation (dont 6 dans des
cas d’OCD), 2 de varisation et 3 médialisations de la tubérosité
tibiale.
3.
une stabilisation ligamentaire
antéro-postérieure a été réalisée
20 fois dans le même temps avec 19 ligamentoplasties du LCA (11
tendons rotuliens, 6 DIDT, 2 autres techniques) et 1 ligamentoplastie du LCP.Une
seule ligamentoplastie du LCA a été réalisée sur
une ostéochondrite. Nous verrons plus loin que la laxité résiduelle
pénalise le score IKDC (p=0.03) mais n’influence pas l’état
fonctionnel et subjectif du patient (p>0.2)
4.
des méniscectomies
arthroscopiques ont été notées 9 fois (6 MI et 3
ME).
5.
Les complications notées
comportent :
- aucune complication
thrombo-embolique
- un sepsis
superficiel qui a guéri sans séquelle
- 3
neuroalgodystrophies
- une raideur
- 2
épanchement ou hémarthrose post-opératoires. Ces
complications sont source d’un plus mauvais résultat global (score
moyen à 2.9, p=0.03)
5 patients (dont le patient qui présentait une raideur) ont
nécessité une reprise avec 1 cas de greffe itérative, 1
arthrolyse, 2 ablations de matériel et 1 perforation de Pridie sous
arthroscopie lors d’1 AMO.
Ces 5 patients ont naturellement un score global moins bon ( score moyen de 3
contre 1.9, p=0.006).
g.
soins post-opératoires
La contention
post-opératoire a
été absente27 fois, confiée à une attelle 58 fois
et à un plâtre 1 fois. Par contre la mise en décharge a
été quasi constante (83 des 86 patients) pour une durée
moyenne de 5, 2 semaines (2 à 10 semaines), une semaine de plus pour les
OCD (5.9) par rapport au groupe
avulsion (4.7 sem.) (p=0.012). L’appui complet a été donné
dés la remise en charge chez 40 patients, les autres reprenant la pleine
charge après un appui partiel d’une durée moyenne de 1.7
semaine (2.6 pour les OCD contre 1.17 pour les avulsions).
La mobilisation continue a été instaurés en
post-opératoire immédiat pour 81 des 86 patients. Parmi les
patients qui n’ont pas bénéficié de cette mobilisation
précoce, l’un a fait une raideur (mosaicplasty de rotule),
l’autre une algodystrophie.
L’incidence
professionnelle a été
un arrêt de travail (étudiants exclus) d’une durée
moyenne de 12.5 semaines (1 à 60 sem.), plus courte (DNS) pour le groupe
OCD (10.4 sem.) que pour le groupe avulsion (13.5 sem.). Les accidentés
du travail ont des délais de reprise supérieur (23.7 sem.,
p<0.01).
L’ incidence
sportive s’est traduite dans le
délai de reprise et sur le niveau de reprise sportive.
Lorsque la reprise s’est faite, le délai a été de
23.6 semaines (4 à 64 sem.) pour les 62 patients qui ont repris le
sport. Parmi les 24 qui ne font pas de sport, 15 n’étaient pas
sportifs et 9 ne le sont plus (8
fois en relation avec le genou), 8 fois sur 9 dans le groupe avulsion où
il y a beaucoup plus de sportif.
41 patients ont repris le même sport au même niveau, 21 avec un
niveau inférieur (tableau n°12).
Au total, nous sommes en
présence de 3
catégories distinctes de patient:
les patients présentant une
avulsion post-traumatique isolée (groupe de 21 patients) qui sont des patients de 27 ans 1/2
d’âge moyen, quasiment tous sportifs (86% des cas), plus souvent
masculins (86%), et victimes d’accident de sport (71% des cas). 9 sur 21
ont déjà été opérés du genou pour extraire
le corps étranger ou réaliser des perforations de la
lésion chondrale. L’intervention est essentiellement
motivée par une gène
fonctionnelle douloureuse (76%
sont IKDC D, et tous sont C ou D dans l’item douleur)) et la greffe
survient en moyenne 16 mois (+/- 18 mois) après l’accident
initial.
La lésion est souvent profonde (15 fois sur 21 au grade IV), 1 fois sur
2 sur le condyle interne et sa taille moyenne est de 2.2 cm².
La greffe comporte en moyenne 5
plots (1 à 13) de 4.5 mm de diamètre et toujours 15 mm de long.
La couverture réappréciée est de 53% (rapport
description/surface des plots), alors que le chirurgien a eu l’impression
de couvrir à plus de 70% la perte de substance dans 81% des cas, ce qui
traduit une surévaluation de la taille initiale de la lésion. Une
greffe spongieuse interplot a été réalisée dans 24%
des cas.
La mise en décharge a été en moyenne de 5 semaines 1/2 et
l’arrêt de travail de 14 semaines. Le retour au sport s’est
fait vers la 20ème semaine pour les 18 patients sportifs, 12
ont conservé leur niveau et 6 ont baissé de niveau ou
changé de sport (6 du fait du genou).
les patients
présentant une avulsion post-traumatique avec laxité
antéro-postérieure traitée (16 patients traités avant la greffe, 16 lors
de la greffe dont 5 ligamentoplasties itératives du LCA). Il
s’agit de patients de 30 ans d’âge moyen, sportifs (93% des
cas), victimes d’accident du sport dans 84% des cas (dont les 2/3 survenus lors d’un sport en
pivot contact). 78% de ces patients ont déjà été
opérés (1 patient sur 2 a déjà eu une
ligamentoplastie). La gène fonctionnelle est importante car 81% des
patients sont IKDC D. Il s’agit surtout de patients algiques (84% des cas
sont C ou D dans l’item douleur) et instables (item laxité
à C ou D pour 69% des cas). Le délai
préopératoire moyen
a été de 30 mois (+/- 45 mois), allant de 28 mois (+/- 48
mois) pour les patients qui ont eu
une ligamentoplastie antérieure à la greffe, à 33 mois
(+/- 43 mois) pour les patients greffés et stabilisés dans le même
temps.
La lésion était plus petite (1.80 cm) et moins profonde (21 fois
sur 32 au grade III).
La greffe a nécessité en moyenne 4 greffes (de 1 à 12) de
4.5mm de diamètre et 15mm de hauteur. La couverture réappréciée est de 55%
(rapport description/surface des plots), alors que le chirurgien a eu
l’impression de couvrir à plus de 70% la perte de substance dans
88% des cas. Aucune greffe spongieuse interplot n’a été
réalisée chez ces patients.
La mise en décharge a été en moyenne de 4 semaines et
l’arrêt de travail de 15 semaines. Le retour au sport s’est
fait vers la 31me semaine pour 21 des 30 sportifs, 16 ont
conservé leur niveau et 6 ont baissé de niveau ou changé
de sport et 8 ont arrété (11 baisses ou arrêt du fait du
genou).
les patients présentant une
ostéochondrite disséquante (groupe OCD) qui sont des patients plus jeunes (26 ans), sportifs dans
66% des cas, masculins (75% des cas), ne consultant qu’1 fois sur 3
après un traumatisme. 1 sur 3 a déjà subi une intervention
sur le genou,dont plus de la ½ pour traiter la lésion
cartilagineuse. Ce sont des patients moins génés (52% de D) mais
depuis plus longtemps puisque le délai symptomatologie-greffe est de 3 ans en moyenne.
La lésion est profonde (73% de grade IV), et d’une surface
supérieure (2.35 cm). Le comblement par greffe nécessite 4
à 5 plots de 4.5 mm de diamètre et d’une hauteur plus
importante (42% de 20mm). La couverture réappréciée a
été de 46%, et une greffe interplot a été
utilisée dans 18% des cas.
La mise en charge a été plus tardive (à 6.5 sem) et
l’arrêt de travail plus court (2mois ½ ). La reprise du
sport s’est faite vers 19 semaines pour les 22 des 23 sportifs mais 7
fois à un niveau inférieur (6 en relation avec le genou).
h.
révisions (tableau n°6)
Le recul
moyen à la révision est
de 14 mois (6 à 39 mois) avec 24 patients qui ont un recul entre 6 et 12
mois et 62 qui ont un recul de plus de 12 mois. Dans le groupe OCD, le recul
est comparable (14 avec 10 cas de moins de 1 an et 23 cas de plus de 12 mois) ,
de même que dans le groupe avulsion (14 avec 14 de moins de 1 an et 39 de
plus de 12 mois).
a- Le résultat fonctionnel ICRS
(état fonctionnel ,
évaluation comparative des 2 genoux et échelle de la
douleur) est bon avec une
amélioration très importante des scores sans aucune aggravation
fonctionnelle bien que 10 patients conservent leur score fonctionnel
préopératoire.
Cette amélioration
(différence trés significative p= 10-6) est
indépendante du type lésionnel (avulsion ou
ostéochondrite) et de l’existence ou non d’une lésion
réparée du pivot central ou d’une éventuelle
laxité résiduelle.
Les résultats
fonctionnels globaux obtenus selon la classification ICRS sont de 40% de stade
I, 38 % de stade II (soit 78% de bons et très bons
résultats), 21 % de stade
III et 1 % de stade IV. Ces résultats ne sont statistiquement pas
différents selon le groupe étudié, ou la présence
ou non d’une laxité résiduelle.
|
ICRS pré / post |
I |
II |
II |
IV |
p<0.05 |
I |
II |
III |
IV |
|
ETAT FONCTIONNEL |
0 |
1 |
53 |
32 |
DTS |
44 |
25 |
17 |
0 |
|
COMPARATIF |
1 |
10 |
44 |
31 |
DTS |
42 |
33 |
11 |
0 |
|
EVA |
2 |
11 |
47 |
26 |
DTS |
48 |
25 |
12 |
1 |
|
IKDC |
A |
B |
C |
D |
|
A |
B |
C |
D |
|
NIVEAU D’ACTIVITE |
1 |
3 |
34 |
48 |
DTS |
32 |
23 |
27 |
4 |
|
IMPRESSION SUBJECTIVE |
0 |
3 |
40 |
43 |
DTS |
|