Les laxités postérieures du genou
R.P. Jakob
La lésion isolée du ligament croisé postérieur est différente de la lésion combinée. La laxité postéro-externe sassocie ou non à une laxité externe ; elle est consécutive à un traumatisme en varus. Quant à la laxité postéro-interne, elle est produite par un traumatisme en valgus. La combinaison peut inclure la rupture du LCA ; il sagit là dune luxation en charnière ou en valgus ou en varus, donc de la " pentade " interne ou externe.
Les signes cliniques de la laxité multiple associée à une rupture du ligament croisé postérieur sont très nets. Le signe le plus typique est lavalement (" sag sign ") postérieur, très évident lorsquil dépasse 10 mm (fig 1).
La recherche de la laxité en varus se fait en position de décubitus dorsal. Le pied du patient fixé contre lexaminateur permet de détecter le battement externe en extension et en légère flexion, sans induire une rotation automatique (fig. 2). En position debout, le varus peut être sollicité par le patient, mettant ainsi en évidence le problème clinique gravissime (fig. 3).
Le signe du reversed pivot shift que nous avons introduit en 1981, reflète la rupture du muscle ou du tendon du poplité ; il est souvent associé à une hyperrotation externe et nest significatif que lorsquil est présent dun seul côté. Un reversed pivot shift légèrement positif des deux côtés représente une laxité physiologique, constitutionnelle et ceci est le cas dans 20% des patients (Jakob).
Du côté interne, la rupture du LLI est prouvée par un battement en flexion de 20° et en extension et confirme lassociation à une rupture du LCP. Linstabilité se marque davantage quand la lésion est associée à la rupture ou à linsuffisance du ligament croisé antérieur.
Cliniquement, la confirmation de la laxité dans le plan sagittal est mesurée avec les techniques de la laxitométrie. Elle est documentée par exemple avec le KT-1000. Il y a 2 ans, nous avons introduit le mesureur " Rolimeter " Aircast, instrument simple, stérilisable et fiable (fig. 4) (Balasch). La preuve de lavalement est mise en évidence par lappareil placé sur le genou instable, appuyé sur la tubérosité, sans solliciter le tiroir postérieur (fig. 5.a). Maintenant linstrument est porté sur le côté opposé où le piston de linstrument est poussé en avant correspondant à lavalement postérieur (fig. 5.b). Ceci devient même plus intense lorsquon sollicite le tiroir postérieur du côté atteint.
La documentation radiologique consiste en une série selon Puddu et al. Une radiographie tangentielle des deux genoux à 80° de flexion, à une distance de 1 mètre est réalisée pour mesurer en millimètres la superposition du tibia au contour de la saillie de la trochlée fémorale. Cette différence peut également être confirmée par les radiographies en profil réalisées en flexion et rotation inchangées. Dans une étude récente, nous avons confirmé la fiabilité de cette technique pour laquelle nous avons développé un appareil de positionnement.
Pour une évaluation radiologique complète, on pratique des clichés de stress dans le plan sagittal et dans le plan frontal (Stäubli).
Histoire naturelle
Tandis que les lésions internes et postéro-internes montrent une certaine tendance à la cicatrisation spontanée, tel nest pas le cas pour les lésions externes, surtout lorsquelles se situent en dessous de la ligne articulaire. Une lésion du poplité et du ligament collatéral externe ne guérit jamais spontanément.
La guérison spontanée du ligament croisé postérieur est tout à fait possible. (Tewes) a démontré par des investigations de résonance magnétique que le signal du ligament se reconstitue, malheureusement en position distendue. Cette cicatrisation se fait différemment de celle du ligament croisé antérieur par le fait quune partie importante du ligament est extraarticulaire. Plus la lésion est combinée, plus importante est la tendance en direction dune péjoration de la laxité dans les 6 mois qui suivent laccident.
Indications au traitement chirurgical
Les critères de lindications au traitement chirurgical sont les suivants :
- Linhabilité à se mettre debout, à marcher ou à courir sans sentiment dinstabilité, de dérobement et de douleur, donc une instabilité symptomatique, associée à une inhabilité de performance dans les activités souhaitées.
- Linstabilité en varus avec surcharge du compartiment interne
- La douleur antérieure du genou
- Le patient jeune et dâge moyen.
Timing de la chirurgie
Plus lattente est longue, plus les résultats sont décevants en ce qui concerne la récupération de la stabilité. Lorsque le traitement est entrepris rapidement, dans la phase aiguë et lorsque la laxité initiale est moins sévère, les résultats sont meilleurs.
Dès que le diagnostic dinstabilité postérieure importante est établi, associée à de multiples lésions externes ou internes, la décision dintervenir ne devrait pas tarder. Les meilleurs résultats chirurgicaux sont réalisés dans les cas frais car la réponse biologique est meilleure en ce qui concerne la guérison du collagène avec une multitude de structures capsulo-ligamentaires touchées.
En principe, dans la rupture fraîche, lidentification de structures individuelles nest pas toujours simple. Il se peut que le détachement dune couche ou dune coiffe au bord externe du tibia, à lendroit de la fracture de Segond soit détectée 3 à 4 semaines après le traumatisme initial, et ceci surtout dans les laxités externes associées à la rupture du ligament croisé antérieur. Une refixation simple au tibia est possible dans ces cas, même si le ligament collatéral externe ne trouve pas forcément un contact anatomique. Dans ce dernier cas, on ne tarde pas à entreprendre tout de suite une reconstruction du LLE par plastie ligamentaire.
Reconstruction du ligament croisé postérieur
Trois aspects importants sont à retenir. Dans la discussion, nous mentionnons la technique de reconstruction, soit par tunnel transtibial antéro-postérieur ou par placement direct postérieur " in-lay " que nous appliquons depuis 9 ans. Nous sommes convaincu que le placement trans-tibial est anatomiquement plus difficile à réaliser. Très souvent langle tibial provoque une torsion et un dégât du transplant à sa sortie du tunnel. Parfois, linsertion dun transplant du ligament rotulien pose problème et la fixation postérieure directe provoque un comportement biomécanique plus favorable(Miller). Le risque dun accident vasculaire est réduit. Lopération est donc effectuée en deux temps et changement de position du patient.
Le deuxième point est celui du transplant en deux faisceaux. Il y a 4 ans, nous avons effectué plusieurs opérations en utilisant le ligament rotulien avec deux blocs prélevés à la tubérosité qui entraîne un affaiblissement important du ligament rotulien. Depuis deux ans, nous effectuons la plastie en double faisceau avec le ligament rotulien pour le faisceau le plus important, antéro-externe et prenons le semi-tendineux double pour le faisceau postéro-interne. Cette technique permet une couverture qui correspond mieux à la distribution ligamentaire importante au fémur.
Le troisième point concerne le prélèvement des greffes au genou opposé. Ce procédé diminue linvasivité chirurgicale du genou instable déjà soumis à une grande chirurgie au centre et en périphérie ; il est réalisable par une deuxième équipe dopérateurs et réduit dautant la durée de lintervention.
Techniques chirurgicales
Lopération seffectue en deux équipes. La première se charge du prélèvement des greffes et de la préparation de celle-ci. La deuxième équipe aborde larticulation par une incision antérieure avec arthrotomie pour effectuer le bilan articulaire et traiter les lésions cartilagineuses ou méniscales. Larthrotomie se fait généralement par incision sous le vaste interne. La joue condylienne interne est préparée. Les cicatrices du LCP sont réséquées en protégeant le LCA. 2 broches - guides 2,5 filetées sont insérées aux points anatomiques des deux faisceaux (fig. 6). La broche destinée au faisceau antéro-externe est placée à 12.00 heures et sort à 4 mm du bord cartilagineux, celle du faisceau postéro-interne est placée à 12 mm du cartilage, à 10.00 heures pour le genou gauche. Les canaux sont forés avec des mèches de 11 à 12 mm, respectivement de 6 à 7 mm. Le transplant du ligament rotulien armé dun fil de cerclage est introduit de larticulation dans son tunnel et celui du semi-tendineux est également inséré. Les deux sont unis et fixés sous une rondelle dentelée qui est enfouie dans los entre les deux tunnels fémoraux, sur la joue condylienne interne pour éviter un débordement important en surface. La douille dancrage est positionnée dans lanse du semi-tendineux.
Le bloc osseux tibial et le bout du semi-tendineux sont noués ensemble avec un fil solide et " parqués " au fond de léchancrure, puis lincision est fermée.
Si une reconstruction postéro-externe savère nécessaire, on se sert de préférence dun transplant du quadriceps avec un bloc osseux cunéiforme provenant de la rotule proximale, prélevé avant la reconstruction du LCP. Il mesure 12 à 14 cm de longueur et 10 à 12 mm dépaisseur.
Pour la plastie postéro-externe, on utilise une voie dabord curviligne externe. Après préparation du nerf sciatique poplité externe, on prépare la face antérieure du péroné duquel on détache partiellement lorigine musculaire pour introduire une broche - guide qui, après un trajet oblique, sort en arrière, à linsertion du fascicule poplitéo-péronier. Ce dernier a été redécouvert récemment par Maynard et al qui décrit très bien la déficience du muscle poplité. Le trajet est agrandi à 10 mm. Sil est nécessaire de faire une reconstruction directe du ligament collatéral externe, le trajet est différent. Dun tunnel en forme de U, il sort devant et dessus la tête du péroné, à linsertion anatomique du LLE. Il faut bien veiller à ne pas fracturer la tête du péroné (fig. 7).
Maintenant, le trajet du transplant sous le fascia lata est préparé par un geste décartement avec de grands ciseaux. Une incision longitudinale au fascia lata permet daborder linsertion fémorale anatomique du poplité et du LLE. Selon le trajet et le but du transplant, un tunnel en U est préparé au départ de linsertion correspondante. Si linstabilité est prédominante en varus, on essaie de reconstituer le ligament collatéral externe. Dans un cas dhyper-rotation externe importante et en labsence de battement externe significatif, on reconstitue le trajet du poplité. Si les deux composantes sont importantes, je préfère reconstruire le LLE par la technique décrite avec la greffe du quadriceps et jaugmente le ligament poplitéo-fibulaire par plastie du petit poplité (selon Bousquet) en utilisant la moitié du tendon du biceps pédiculé à la tête du péroné. Le transplant libre est inséré du péroné vers le fémur. Le bloc osseux trapézoïdal est encastré de façon autobloquante dans la tête du péroné et le bout du transplant est fixé au fémur avec une rondelle dentelée et une vis. A ce geste sassocie la réduction de la laxité correspondante.
Après fermeture, le patient est tourné en décubitus ventral. Toutes les mesures de stérilité sont maintenues et le genou est à nouveau champé.
Pour la technique postérieure, depuis 9 ans, jutilise la même voie dabord directe, postérieure. Jentre entre le paquet neuro-vasculaire principal et le jumeau interne, du point distal en direction proximale jusquà lidentification du faisceau neuro-vasculaire du jumeau interne qui est protégé très prudemment. Jidentifie le bord postérieur et linsertion distale du LCP qui est souvent cicatrisé et encore présent. Je détache légèrement le muscle poplité en direction distale pour libérer la face postérieure du périoste tibial. Après résection des cicatrices du LCP, jidentifie les deux transplants préalablement positionnés dans léchancrure en saisissant le fils et je les luxe en arrière. Avec le ciseau frappé de 1 cm, je prépare une encoche dune largeur et profondeur de 13 mm et dune longueur de 2 - 3 cm à linsertion anatomique dans laquelle je fixe dabord le tendon du semi-tendineux, avec une rondelle et une vis, le genou en extension complète, puis le bloc osseux à nouveau ancré avec vis et petite rondelle, le genou en flexion de 70° (fig. 8). Le faisceau antéro-externe décrit toujours une anisométrie de 6 mm au moins entre lextension complète la flexion de 90°. Il nest donc pas indiqué de le tendre en extension afin déviter une difficulté de mobilisation et une rupture secondaire ou une distension. Le geste postérieur dure généralement 40 à 60 minutes jusquà la fermeture de la peau et le geste antérieur comprend toute la durée admise pour le garrot.
Jusquà lannée dernière, la réhabilitation fut agressive, sous forme dune mobilisation rapide de récupération de la flexion, comme celle de la reconstruction du ligament croisé antérieur. Cette attitude a été révisée pour faire place à une mobilisation lente, pour les raisons que nous mentionnerons plus tard.
Expérience clinique et conséquences
Le gain de stabilité dépend de la laxité initiale. Durant la phase de revascularisation qui dure jusquà 5 mois postopératoires, le ligament mécaniquement chargé se détend. Ceci vaut pour le ligament croisé antérieur, comme pour le ligament croisé postérieur, mais pour ce dernier et pour le ligament postéro-externe, sajoute un autre élément. Il sagit de la gravité et du varus dynamique (" varus thrust "). Une première série de 45 cas dinstabilité postérieure combinée sévère, furent opérés à lHôpital de lIle de Berne, Suisse ; 39 le furent par une reconstruction postéro-externe pour laquelle. Dans 22 cas, la technique du petit poplité et lutilisation de la moitié du tendon du biceps fut appliquée, dans 15 cas une reconstruction par greffe constituée du semi-tendineux et gracilis fut pratiquée et dans 2 cas, les deux techniques furent effectuées. Cette technique postéro-externe fut combinée avec la plastie du LCP avec le ligament rotulien et augmentation par un ligament synthétique de type Prolad, par voie dabord antérieure et postérieure. Linstabilité pré- et postopératoire fut évaluée par un appareil prototype du Rolimeter Aircast et la correction de la laxité postérieure na pas dépassé 60 à 70% du gain postopératoire initial. Concernant le battement en varus, on sest rendu compte quil est difficilement influençable par la seule reconstruction du poplité et que cette laxité exige une reconstruction directe du ligament collatéral externe. En outre, nous avons constaté que pour améliorer la stabilité en varus, il était souhaitable de faire une ostéotomie de valgisation.
Ostéotomie de valgisation
Lostéotomie qui est une ostéotomie douverture se pratique en dessus de linsertion distale du LLI, devant et derrière celui-ci, à travers des incisions capsulo-périostées. Deux broches de Kirschner sont insérées jusquau contact du cortex latéral opposé, permettant de mesurer la longueur du trait dostéotomie, geste important pour conserver la charnière corticale externe. La lame de la scie longue et étroite suit les deux broches de Kirschner puis lostéotomie est complétée au moyen de 2 à 4 ciseaux frappés insérés selon la technique de la cognée du bûcheron, pour aboutir au côté opposé. On évite ainsi une fracture itérative du plateau tibial externe. Des greffes tricorticales, dépaisseur définie, sont prélevées à la crête iliaque. Le degré de langle de correction correspond plus ou moins aux millimètres dépaisseur du coin. 2 à 3 coins sont insérés derrière et devant le LLI. Si une augmentation de la pente tibiale est nécessaire, un coin plus épais est incorporé à la partie antéro-interne de lostéotomie. Si le LLI est soumis à une trop grande tension, on peut simplement le détacher à sa partie distale où il se réinsère sans autre, spontanément. Lostéotomie est protégée par une plaque cervicale AO de 5 trous. Le trou du milieu supporte un coin de titanium correspondant à la hauteur de louverture pour éviter un tassement de lostéotomie. Cette ostéotomie comporte certains avantages. Dune part, elle guérit plus rapidement quune ostéotomie de fermeture. Dautre part, elle nexige pas lostéotomie du péroné à laquelle est lié le risque dune lésion du nerf sciatique poplité externe. Finalement, elle permet dinduire facilement une augmentation de la pente postérieure. La contre-indication absolue à cette technique est la rotule basse dont la position pathologique aurait tendance à saggraver et de ce fait provoquer des conséquences désavantageuses sur larticulation fémoro-patellaire.
Dans les cas dinstabilité en varus et lorsque laxe mécanique se situe au centre du genou ou dans le compartiment interne, nous pratiquons en premier lieu une ostéotomie de valgisation, parfois combinée à une reconstruction ligamentaire externe. Linstabilité subjective est souvent provoquée par une décompensation en varus, plutôt que par une laxité postérieure. On peut donc parfois sabstenir de reconstruire le LCP, ce qui est même indiqué notamment lorsque le patient présente une surcharge interne et un dégât cartilagineux de degré important du compartiment interne. Plus larthrose est avancée, plus il faut se limiter à lostéotomie seule.
La reconstruction ligamentaire de linstabilité postérieure - postéro-externe, ne devrait être entreprise que lorsquon a confiance en sa propre technique. La reconstruction isolée du LCP naboutit pas au succès si la périphérie est négligée. La capacité deffectuer une reconstruction du LCP par technique arthroscopique ou lutilisation dune allogreffe nassurent pas le résultat optimal. Elle exige du chirurgien un esprit dautocritique et la pratique de cette chirurgie 10 fois par an. Si malgré tout une opération doit être effectuée dans un cas problématique et complexe, lostéotomie serait lintervention de choix. Il faut savoir que les résultats de la reconstruction du LCP ne sont pas comparables à ceux du ligaments croisé antérieur. Suivant la classification de lIKDC, nos résultats objectifs sont situés dans la catégorie " abnormale " jusquà 10 mm de différence entre le genou opéré et le genou non opéré.
Une seconde série de 36 patients opérés dune instabilité postérieure combinée de 1996 à 1998 a été analysée. Il sagissait de 20 genoux gauches et 30 genoux droits. Lâge moyen des patients de 32 ans se répartit de 21 à 50 ans. Chaque patient a présenté une association dinstabilité antérieure dont 2 étaient des lésions aiguës. Un varus important a été constaté dans 23 cas et 13 patients présentaient une instabilité interne importante, dont 7 aiguës ou subaiguës. Pour la plastie externe, le semi-tendineux - gracilis a été utilisé à 15 reprises avec augmentation synthétique dans 7 cas et 5 plasties ont été pratiquées avec la moitié du tendon du biceps. Plus récemment cest le tendon du quadriceps avec bloc osseux du péroné qui a été sollicité. A deux reprises, nous avons pratiqué une refixation dune avulsion osseuse proximale. Linstabilité interne fut abordée par suture directe dans des cas aigus, davulsion qui, le plus souvent, se situaient au niveau proximal. Dans les cas chroniques, cest une plastie du semi-membraneux qui fut pratiquée.
Cette série est en cours dobservation, les évaluations cliniques ont été effectuées avec un recul de 6 mois à 3 ans. Des résultats obtenus il ressort quune amélioration de linstabilité en varus et au maximum de 1 à 1_ + fut obtenue, signifiant quune instabilité externe de +++ saméliore à ++ ou à 1_ +. La laxité interne est relativement fréquente et la lésion aiguë se laisse bien traiter au début, mais difficilement par plastie secondaire en cas dinstabilité chronique.
Concernant la laxité postérieure, une amélioration de plus de 50% est rare.
Ces résultats sont dautant plus désenchantants que les mesures dévaluation faites avec le Rolimeter Aircast étaient très précises et que les radiographies tangentielles ont été effectuées selon les incidences de Puddu et al. On constate parfois un résultat excellent et peu après, sans raison apparente, un résultat décevant. Cest une opinion que partagent les experts dans ce domaine.
Influence de la réhabilitation
Il y a une connexion entre la perte de stabilité et lagressivité de la réhabilitation. La cause est multifactorielle et se compose de la force de gravité à laquelle est soumis le transplant frais. Le poids de la jambe, du genou - aux orteils, estimé à 6 kg pèse sur le transplant. La force peut provoquer le déplacement des transplants y compris des blocs osseux placés dans les tunnels, peut produire un lâchage de la fixation et finalement le " remodeling " du transplant se réalise en position détendue. Il faut donc admettre quune réhabilitation agressive peut sacrifier le résultat dune reconstruction. Comment peut-on être plus modéré sans risquer une rigidité par arthrofibrose ? Une solution consiste à appliquer un plâtre en position dextension et pour une durée de 6 à 8 semaines, deffectuer des exercices de flexion en position de décubitus ventral seulement. Simultanément, la mobilisation passive de la rotule peut éviter la cicatrisation.
Une deuxième méthode relativement futuriste est proposée ici : le cric du ligament croisé postérieur. Il sagit dun fixateur externe appliqué au moyen de 2 à 3 broches au côté externe du fémur, de 1 au tibia qui transmet une force statique-dynamique antérieure et réduit constamment la tendance à la subluxation postérieure. Cet appareil qui est appliqué en postopératoire pour une durée de 8 premières semaines implique le contrôle et les soins habituels dun fixateur externe. Nous lavons utilisé à plusieurs reprises avec des résultats satisfaisants. Nous lavons également appliqué lorsquune reconstruction ouverte ne savérait pas souhaitable. Cest un système qui promet dapporter du jour dans le problème chirurgical non résolu de la reconstruction du ligament croisé postérieur et des laxités combinées, mais la durée de " protection dynamique " devrait être efficace jusquà léchéance de 5 mois postopératoires, ce qui nest pas encore résolu aujourdhui. Ce nest que lorsquon est capable de maîtriser la laxité ligamentaire centrale et périphérique, de traiter lalignement et de guider le patient dans une réhabilitation protégée que le succès peut être garanti.
Jusque là, ce que notre maître en ce domaine, M. le Professeur Gilles Bousquet a exprimé est toujours actuel : " Lostéotomie représente la partie plus favorable du traitement et la plus simple... ".
Figures
Figure 1
Avalement postérieur (" sag sign ") du genou droit plus marqué en rotation externe spontanée.
Figure 2
Recherche de la laxité en varus, patient en position, son pied appuyé contre lexaminateur qui bloque la rotation.
Figure 3
Varus sollicité par le patient en position debout.
Figure 4
Laxitométrie avec le Rolimeter (Aircast) : instrument simple, stérilisable et fiable.
Figure 5.a, b
Avalement mesuré et comparé entre le tiroir antérieur
et en position de relâchement
Figure 6, a-c
Préparation des transplants du genou opposé et des deux tunnels fémoraux. Une rondelle dentelée spéciale permet de fixer les deux transplants.
Figure 7
Plastie postéro-externe en utilisant le tendon du quadriceps une fois pour la reconstruction du LLE, une fois pour le poplité. Ancrage du bloc osseux au péroné et du bout du tendon au fémur.
Figure 8
Fixation du bloc osseux selon la technique de " inlay " par voie postérieure directe. Le semi-tendineux est fixé en extension, le ligament rotulien à 70° de flexion.
Littérature
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