TRAITEMENT DES RUPTURES PARTIELLES DE LA FACE PROFONDE DU TENDON DU MUSCLE SUPRASPINATUS :
RESULTAT DU TRAITEMENT ARTHROSCOPIQUE DE 19 CAS
F SCHAISON, JL BLIN, P HARDY (Boulogne)
Les ruptures partielles de la coiffe des rotateurs intéressent préférentiellement la face profonde du muscle supraspinatus (RPFP). Leur étiopathogénie reste controversée et les choix thérapeutiques difficiles (traitement conservateur arthroscopique ou résection suture).
Matériel et méthode :
Dix neuf RPFP traitées par arthroscopie ont été revues entre 1992 et 1997. Les critères d'exclusion étaient l'existence d'antécédents chirurgicaux, une épaule enraidie, une arthropathie, un recul inférieur à 1 an. Les résultats fonctionnels ont été appréciés par la mesure du gain moyen entre les scores pré et post-opératoires de Constant ainsi que par l'évaluation qualitative objective par rapport au côté opposé. Les patients ont bénéficiés soit d'un débridement avec acromioplastie (groupe I), soit d'un débridement simple (groupe II).
Le groupe I comprenait 12 patients d'âge moyen de 55 ans peu sportifs, souffrant d'un conflit sous acromial. Le signe de Jobe était présent dans 3/4 des cas. Le bilan radiographique retrouvait un acromion de type 2 ou 3 dans plus de 90% des cas.
Le groupe II comprenait 7 patients d'âge moyen de 30 ans sportifs avec appréhension ou douleur à l'armer du bras. Le signe de Jobe était présent dans 1/4 des cas et l'acromion de type I. Ces RPFP étaient du à 3 mécanismes différents : 5 conflits postéro-supérieurs chez des sportifs de lancer, une instabilité antérieure chronique et un traumatisme direct violent.
Résultats :
Groupe I : sur les 9 patients revus au recul moyen de plus de 3 ans, le gain moyen était de 41 points avec 5 excellents résultats (55%), 3 très bon (33%) et 1 mauvais (11%), lié à une évolution transfixante de la rupture. Ces résultats apparaisent meilleurs que ceux du symposium de 1991 de la Société Française d'Arthroscopie en raison d'une meilleur sélection des patients.
Groupe II : sur les 5 patient revus au recul moyen de 17 mois, le gain moyen était de 40 points avec 1 excellent résultat (20%), 1 très bon (20%), 2 bon (40%) et 1 moyen (20%).
Discussion :
Les auteurs confirment le meilleur pronostic fonctionnel des RPFP chez les patients de plus de 40 ans bénéficiant d'un débridement arthroscopique avec acromioplastie. Pour les patients de moins de 40 ans, le débridement isolé reste un traitement purement symptomatique expliquant les résultats fonctionnels plus décevant. Le choix entre un traitement conservateur et une résection-suture reste difficile. Une meilleure évaluation de la profondeur et de l'étendue de ces ruptures partielles permettrait de mieux préciser les indications thérapeutiques.