ÉPIDEMIOLOGIE
Patrick Djian
Cette étude multicentrique rétrospective sappuit sur 28 questionnaires (annexe I) retournés par des membres de la Société Française dArthroscopie. Ces différents opérateurs ont réalisés au total 1539 arthroscopies.
Lexpérience de chacun variait de 5 à 200 cas et le nombre annuel darthroscopies séchelonnait de 3 à 40 selon les opérateurs.
Le début de leur expérience remontait à 1980 pour les plus anciens et à 1997 pour les plus jeunes. Lâge des praticiens était compris entre 34 et 56 ans.
Indications
Dans cette série, les indications ont été par ordre de fréquence décroissante:
- le conflit par interposition de tissus mous après entorse,
- les lésions ostéochondrales du dôme astragalien,
- le butoir osseux antérieur,
- larthrodèse tibiotalienne
- lablation de corps étrangers intra-articulaires.
Les indications plus rares étaient toujours par fréquence décroissante: larthroscopie diagnostique, les séquelles fibreuses post-fracturaire, les séquelles osseuses post-fracturaire, le débridement pour chondropathie, linstabilité et enfin les fractures récentes de cheville.
Techniques opératoires
Bien que 13,6% ne réalisent jamais de traction, lutilisation de cette dernière pour accéder au compartiment postèrieur est fréquente: 59% des opérateurs utilisent une traction non invasive et 40% utilisent une traction invasive. Certains utilisent les deux types de traction en fonction de leur expérience et/ou du geste à réaliser dans larticulation.
Lirrigation est faite par est faite gravité (52%) plus souvent qu avec une arthropompe (48%).
Les voies dabords antérieures sont systématiques. La voie postérolatérale est pratiquée régulièrement par un tiers des opérateurs (9 sur 28). La voie postéromédiale na été utilisée par un seul opérateur.
Les instruments sont le plus souvent (70% des cas) de diamètre 4,5 mm mais parfois de diamètre 2,7 mm (30 % des cas). Certains opérateurs sont passés au cours de leur expérience des plus gros au plus petits avec la survenue des arthroscopes grand angle.
Les voies dabord ont été fermées par fils dans 80% des cas et strips dans les 20% restant.
Suites opératoires
Une mise en décharge postopératoire à visée anti-inflammatoire était systématique pour 25 % des opérateurs; elle était de 2 à 21 jours. Un traitement antiagrégant par HBPM a été prescrit par 70% des arthroscopistes alors quune antibiothérapie prophylactique létait seulement dans 20% des cas.
Complications
Dans notre série de 1539 arthroscopies, le taux de complication est de 5%. Latteinte neurologique reste la complication majeure touchant le nerf musculocutané (2,7%), le nerf saphène externe (1%). Les autres complications sont la présence de fistule sur orifice dentrée (7 cas), la phlébite (3 cas), larthrite (3 cas), la présence de fistule sur fiches de fixateur externe (1,7 %), une lésion tendineuse , une fracture de matériel, une lésion vasculaire, une lésion cartilagineuse.
La comparaison avec la littérature montre que la cheville est larticulation la plus pourvoyeuse de complications. Ferkel en 1996 (2) en rapporte un taux de 9% dont 4,4% de lésion neurologique. Lépaule vient en second rang et le traitement de linstabilité antérieure présente 5,3 % de risque de complications daprès un rapport de lAANA (1). Quant au genou, il vient en troisième position où la chirurgie méniscale et la section de laileron rotulien externe sont en cause.
Références
1- AANA - Complications in arthroscopy - Arthroscopy 1986, 2, 253-8
2- Ferkel RD - Complications of ankle arthroscopy - Arthroscopy 1996, 12, 200-8