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DE LA ROTULE ET DE LA TROCHLEE N. Saidani, C. Mauny, B. de Courtivron, Ch. Bonnard Service de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique Centre de Pédiatrie Gatien de Clocheville, TOURS |
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I. L'OSTEOCHONDRITE DISSEQUANTE DE LA ROTULE Cliniquement, elle se présente comme un syndrome fémoro-patellaire qui représente le diagnostic différentiel. Elle se localise préférentiellement dans la région équatoriale de la rotule, est bilatérale dans 22 % des cas et libère un corps étranger dans le genou dans 45 % des cas. Dans la littérature les résultats rapportés sont moyens ou mauvais quand il existe une atteinte bilatérale, de localisation équatoriale et de diamètre supérieur ou égal à 20 mm (2, 3, 6), mais la conduite thérapeutique n'est pas systématisée. Le but de cette étude était de colliger les ostéochondrites disséquantes de la rotule suivies par les différents membres de la SFA pour tenter d'homogénéiser la conduite thérapeutique. Notre étude portait sur 6 garçons et une fille, dont l'âge moyen du début de la symptomatologie était de 17,5 ans, avec des extrêmes de 12 à 34 ans. Le recul moyen à la révision était de 3,4 ans (de 1 à 10 ans). La symptomatologie révélatrice de la lésion était dans tous les cas la douleur, permanente (3 fois sur 7) ou occasionnelle (4 fois sur 7). L'examen clinique initial retrouvait toujours une douleur, sans hydarthrose, accompagnée dans un cas d'une mobilité en flexion diminuée. |
Les incidences radiographiques permettant de visualiser la lésion étaient la face et/ou le défilé fémoro-patellaire. La radiographie initiale montrait des signes évocateurs du diagnostic d'ostéochondrite 4 fois sur 7 avec des stades radiologiques de BEDOUELLE différents dans tous les cas (du stade Ia au stade IV) (fig. 1 et 2). Le diamètre moyen de la lésion, quand elle était visible, était de 15 mm (de 12 à 20 mm). Le traitement a été chirurgical sous arthroscopie 6 fois sur 7. Dans 3 cas, il a été pratiqué une séquestrectomie ; celle-ci était associée à une perforation antérograde 3 fois sur 6 et à une perforation rétrograde 1 fois sur 6. Un patient a été réopéré 10 ans après la première intervention (arthroscopie). A la révision, une symptomatologie douloureuse occasionnelle persistait 3 fois sur 7. A l'examen clinique, la douleur était présente dans 3 cas sur 7, associée à une amyotrophie du quadriceps dans un cas. La radiographie ne montrait aucune séquelle dans 3 cas sur 7. Le patient qui a nécessité une deuxième arthroscopie présentait un stade IV de BEDOUELLE avec un pincement de l'articulation fémoro-patellaire. Nous retrouvons un terrain (âge, sexe), une symptomatologie révélatrice, un examen clinique initial et à la révision similaires à ceux de la littérature (1, 2, 4, 5, 6). Dans la littérature anglo-saxonne, les lésions radiographiques ne sont pas décrites suivant la classification de BEDOUELLE et il s'avère difficile de conclure à l'efficacité d'un geste thérapeutique par rapport à un autre. Il semble que la décision chi |
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Vue en DFP, profil et coupe de scanner. |
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corps étranger libre, sclérose périchondrale, séparation complète ou partielle du fragment. Le geste chirurgical est variable et non spécifique. Il s'agit d'ablation de corps étranger libre, d'excision du fragment partiellement détaché, de curetage de la cavité, de forage, plus ou moins associés. Desai (2), sur une étude rétrospective de 13 ostéochondrites de la rotule, retrouve de mauvais résultats lorsque la localisation de la lésion est médiane et, ou de diamètre supérieur ou égal à 20 mm. Il conseille d'intervenir chirurgicalement sur les ostéochondrites symptomatiques lorsqu'elles sont associées à une sclérose périchondrale et, ou à la présence d'un corps étranger libre. Le geste chirurgical est un curetage éventuellement associé à un forage et à l'ablation du corps étranger libre. Il ne retrouve aucune corrélation entre l'existence d'un corps étranger libre et le résultat final. Renu (5) constate sur 9 patients, 5 cas de guérison lors de la cessation des activités physiques. Dans sa série, 7 patients ont été opérés : résection d'un fragment plus ou moins associée à un curetage ou un forage de la lésion. Scharwz (6), sur une série de 31 ostéochondrites |
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sur ce défilé fémoro-patellaire. En
fait, il n'est pas retrouvé de corps étranger
et la rotule visualisée est la projection d'une
calcification |
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rurgicale soit dans la plupart des cas décidée en fonction de la clinique. Pour Obédian (4), l'indication opératoire est posée devant la présence d'un ou plusieurs des paramètres suivants : lésion symptomatique, présence de |
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de la rotule, a pratiqué 44 interventions. La conduite thérapeutique est variable et il est difficile d'évaluer objectivement le geste chirurgical effectué sur la lésion elle-même car l'instabilité rotulienne a été traité dans le même temps à type de recentrage de la rotule. La rareté de cette localisation d'ostéochondrite ne |
permet pas de systématiser de conduite thérapeutique, ni en fonction des résultats de notre étude, ni en fonction des données de la littérature. Nous pensons que la séquestrectomie peut être indiquée pour les petites ostéochondrites non équatoriales ; celle-ci ne doit pas être proposée pour les ostéochondrites équatoriales ou de taille importante. |
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1. Dejour H., Revel J.J., Prudhon J.L., Chambat P. In Revue de Chirurgie Orthopédique. T 69, N8, 1983, 59-60. 2. Desai S.S., Patel M.R., Michelli L.J., Silver J.W., Lidge R.T. Osteochondritis dissecans of the patella. In Journal of Bone and Joint Surgery. Vol 69-B, N2,1987, 320-325. |
3. Edwards D.H., Stoke-on Trent, Bentley G. Osteochondritis dissecans patellae. In Journal of Bone and Joint Surgery. Vol 59-B, N1, 1977, 58-63. 4. Obedian R.S., Grelsamer R.P. Osteochondritis dissecans of the distal femur and patella. Clinics in Sports Medicine. Vol 16, N1, 1997, 157-174. |
5. Renu J.M.A., Bou C.V., Portet R.V., Diaz J.A.M. et Coll. Acta Orthop Scand. Vol 65, N1, 1994, 77-79. 6. Scharwz C., Blazina M.E., Sisto D.J., Hirsh L.C. American Journal of Sports Medicine. Vol 16, N5, 1988, 522-529. |
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II. L'OSTEOCHONDRITE DISSEQUANTE DE LA TROCHLEE La prédominance du sexe masculin est aussi notée. La symptomatologie se révèle lors de la course ou du saut, sans notion de traumatisme antérieur. Notre série comptait 4 patients masculins dont l'âge moyen était de 16 ans (de 12 à 19 ans). Le recul moyen à la révision était de 3,5 ans (2,5 à 4,5 ans). Aucun antécédent traumatique n'était retrouvé et un cas était de découverte radiologique fortuite lors d'un bilan de luxation de rotule. Cliniquement, l'ostéochondrite de la trochlée se présentait avec une douleur occasionnelle trois fois, un blocage une fois et une instabilité fémoro-patellaire une fois. A l'examen clinique initial, une douleur modérée était présente dans 3 cas et une hydarthrose dans un cas. Dans tous les cas la lésion était visualisée sur la |
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radiographie avec un diamètre moyen de 14 mm. Le traitement était chirurgical sous arthroscopie dans 3 cas avec séquestrectomie dans 2 cas. Aucun patient n'a nécessité une réintervention. A la révision, une symptomatologie douloureuse occasionnelle était présente dans un cas. L'examen clinique retrouvait une douleur dans 2 cas et une amyotrophie quadricipitale dans un cas. La radiographie ne montrait aucune séquelle dans 2 cas. D'après les résultats de cette étude et les données de la littérature, l'évolution de l'ostéochondrite de la trochlée semble avoir un meilleur pronostic fonctionnel que celle de la rotule. Smith (2) dicte sa conduite thérapeutique en fonction de la symptomatologie. Seuls les genoux douloureux sont opérés et le geste chirurgical est similaire à celui des ostéochondrites localisées sur les condyles fémoraux. Aichroth (1) décrit, sur une série de 200 patients, 2 cas de lésions situées sur la trochlée et pense qu'elles sont dues à une luxation traumatique de rotule associée. Il est difficile de tirer des conclusions quant au pronostic de ces lésions en fonction de la thérapeutique adoptée, car l'effectif est faible et les opérateurs multiples. |
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Fig. 3 - Garçon de 12 ans présentant une ostéochondrite disséquante de la trochlée de stade Ib de Bedouelle (lacune + calcification). |
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1. Aichroth P. Osteochondritis dissecans of the knee. A clinical survey. In Journal of Bone and Joint Surgery. Vol 53-B, N3, 1971, 440-447. |
2. Smith J.B. Osteochondritis dissecans of the trochlea of the femur. In Journal of Arthroscopic and Related Surgery. Vol 6, N1, 1990, 11-17. |
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