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OSTEOCHONDRITE DISSEQUANTE DU GENOU ET ARTHROSCOPIE H. ROBERT Polyclinique du Maine, avenue des Français libres, 53000 LAVAL |
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L'ostéochondrite disséquante du genou est classiquement une nécrose osseuse sous-chondrale plus ou moins étendue, en cours de réparation avec parfois secondairement rupture cartilagineuse. Nous allons présenter le bilan de l'imagerie et des possibilités thérapeutiques à partir de 242 dossiers issus d'une étude multi-centrique française et belge, en excluant les ostéotomies, les allogreffes et les prothèses unicompartimentaires. L'exérèse d'un séquestre d'ostéochondrite a été décrite par A. PARÉ, en 1558. Le terme d'ostéochondrite disséquante a été introduit en 1888 par KÖNIG, ce qui présume d'une phase inflammatoire qui n'est pas du tout retrouvée comme nous le reverrons. Néanmoins, il s'agit du terme qui est admis par la communauté scientifique anglo-saxonne et que nous utiliserons. C'est une lésion relativement rare (3 à 6 pour 10 000 genoux pour Federico) qui survient entre 10 et 20 ans dans 70 % des cas et est deux fois plus fréquente chez le garçon que chez la fille. I. ETIOLOGIES 4 théories se partagent l'étiologie sans que l'on est de réponse formelle aujourd'hui. 1. Théorie traumatique L'ostéochondrite du condyle interne serait le résultat de micro-traumatismes répétés. FAIRBANK |
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(1933), puis plus tard SMILLIE (1957), ont développé l'hypothèse d'un conflit entre l'épine tibiale interne et le condyle interne lors d'une position en rotation - extension du genou. CIROTTEAU (1975) développera plus tard la même théorie, mais en flexion du genou. BRUNS développe l'hypothèse d'un rôle déterminant de l'axe du membre inférieur sur le siège et l'origine de l'OCD. Il se produirait d'abord un remaniement de l'os sous-chondral puis une fracture cartilagineuse qui évolue vers une pseudarthrose et enfin une nécrose osseuse plus ou moins complète. REHBEIN (1950), et différents auteurs : LANGENSKIOLD (1955), TALLQUIST (1962), ROSENBERG (1964) puis AICHROTH (1971) ont créé des lésions traumatiques chez l'animal qui évoluent par l'intermédiaire d'une pseudarthrose vers une lésion voisine de l'ostéochondrite. Une surcharge d'activité sportive est retrouvée chez environ 40 % des patients porteurs d'une ostéochondrite. Il s'agirait plutôt de micro que de macro traumatisme. CAHILL, plus tard parlera de fractures de contrainte de l'os sous-chondral. Pour les ostéochondrites du condyle externe, l'origine traumatique semble beaucoup plus difficile à démontrer d'un point de vue expérimental (MATTHEWSON et DANDY) ou théorique (BUCHNER et RIEGER). L'ostéochondrite de la rotule ne semble pas secondaire à des épisodes de luxations ou subluxations externes. Pour HELLSTROM ou AICHROTH (1971) il s'agit plutôt d'hyperpressions répétées sur un genou modérément en flexion, ce qui pourrait expliquer l'atteinte prédominante sur |
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la zone équatoriale ou le pôle inférieur, et expliquer également l'OCD de la trochlée. 2. Théorie vasculaire L' O.C.D. serait le résultat d'infarctus osseux sous-chondraux. AXHAUSEN (1922) propose l'hypothèse d'une nécrose secondaire à des embols septiques de bacilles tuberculeux. RIEGER (1920) incrimine des embolies graisseuses et WATSON JONES une thrombose des vaisseaux à destinée condylienne. ENNEKING (1977) montre que la vascularisation osseuse au niveau de l'épiphyse fémorale serait de type terminal et qu'il y a donc peu d'anastomoses. Cette théorie est contredite par les travaux de ROGERS et GLADSTON (1950) qui ont retrouvé au contraire, de riches vascularisations dans le fémur inférieur. FICAT (1975) propose l'hypothèse d'une hyperpression intramédullaire gênant la circulation artérielle et le retour veineux. 3. Théorie dysplasique L'ostéochondrite serait un trouble de l'ossification enchondrale de l'épiphyse inférieure du fémur. SONTAG et PYLE (1941) puis CAFFEY (1958) ont insisté sur les irrégularités et les pertes de contour de l'épiphyse fémorale inférieure chez l'enfant. RIBBING (1955) propose un mécanisme de libération d'un noyau épiphysaire accessoire avec l'intermédiaire d'un traumatisme mineur. 4. Théorie génétique PETRIE (1977) ne retrouve pas d'argument pour une origine génétique, même s'il existe quelques familles à localisations multiples. Les aspects de dysplasie épiphysaire multiple sont très différents de ceux de l'ostéochondrite disséquante. Actuellement aucune théorie ne semble être confirmée mais la priorité est donnée aux micro-traumatismes répétés du condyle interne ou de la rotule sur un terrain favorable : l'adolescent en fin de croissance du genou. L' OCD serait le résultat d'un déséquilibre entre des facteurs mécaniques (excès de contraintes, désaxation...) et des facteurs biologiques (métabolisme osseux, vascularisation...). |
II. HISTO-PATHOGENIE Il est admis par beaucoup d'auteurs qu'il existe une nécrose plus ou moins importante de l'os sous-chondral (WAGNER, BRUNS). Cette nécrose se revascularise à partir de l'os environnant, ce qui permet sa résorption et son remplacement par une nouvelle ossification. L'évolution, habituellement, est favorable spontanément. On peut schématiquement distinguer 4 stades : 1. Stade A : « stade de nécrose » Nécrose sous-chondrale sans atteinte du cartilage articulaire. La nécrose intéresse d'abord les cellules médullaires, puis les ostéocytes qui vont laisser des lacunes vides. Il s'agit d'un stade pré-radiologique, mais la scintigraphie montre une absence de fixation et l'IRM retrouve un hypo signal en T1 et T2. 2. Stade B : « stade de réparation » dont l'efficacité dépend beaucoup de
l'âge Les ostéoclastes vont résorber l'os compact avec une perte de la masse osseuse et une fragilisation de la zone d'ostéochondrite. Il s'agit des « stades Ia et Ib lacunaire » de la classification radiologique de BEDOUELLE (1988). Si l'activité ostéoblastique est importante, il y a parallèlement l'apposition d'os jeune sur les travées d'os nécrotique ou ancien. La radio densité va s'en trouver accentuée ce qui correspond aux « stades IIa et IIb nodulaires » de BEDOUELLE. En fait il y a souvent juxtaposition de zones denses et de zones claires réalisant un aspect en mosaïque où résorbtion et réparation anarchiques cohabitent. La scintigraphie est hyperfixante. Cette zone de reconstruction est cernée par un anneau de sclérose périphérique qui est séparé du nodule par un tissu fibro-cartilagineux en cours |
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d'ossification enchondrale. Le cartilage hyalin est encore intact macroscopiquement mais le siège de remaniements métaboliques (diminution de la teneur en glyco-aminoglycans). La guérison spontanée est possible au prix parfois de petites séquelles condyliennes (contour, densité) ; mais une intervention type perforation trans-chondrale peut en accélérer le processus, chez l'adolescent. Par contre chez l'adulte une auto-greffe type Wagner peut se discuter. 3. Stade C : « stade de dissection ostéo-chondrale » 4. Stade D : « stade de séquestration » Le fragment pédiculé va se détacher complètement et se mobiliser dans l'articulation. Il s'agit du stade de corps étranger intra-articulaire ou séquestre du « stade IV » de BEDOUELLE. III. LE DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL Il faut distinguer l'O.C.D. des : 1. Troubles physiologiques de l'ossification (fig. 1) Ils surviennent habituellement entre 7 et 10 ans pour les garçons et 5 à 7 ans pour les filles ; ils sont plus souvent bilatéraux, pluricondyliens et postérieurs. Ces images n'ont aucune traduction sur l'IRM et disparaissent spontanément. |
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Fig. 1 - Troubles physiologiques de l'ossification chez un garçon de 9 ans. |
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2. La Poly-ostéochondrose de GENETY (1980) (fig. 2) Il s'agit toujours de garçons, de 7 à 12 ans, très sportifs (10 heures / semaine), depuis au moins 18 mois. La normalisation après arrêt du sport se fait entre 12 et 24 mois. |
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avec pseudo-séquestre. |
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3. Les Fractures ostéo-chondrales Elles peuvent intéresser la berge externe de la trochée, du condyle externe ou la crête médiane de la rotule. Dans le cadre de l'urgence, elles s'intègrent dans le tableau de luxation traumatique ou d'entorse grave du genou. S'il s'agit des lésions traumatiques anciennes, le diagnostic est beau |
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coup plus difficile devant un fragment libre et repose sur le contexte de dysplasie fémoro-patellaire. 4. Les fractures chondrales Il s'agit de lésions post-traumatiques à l'emporte-pièce de la jonction ostéo-cartilagineuse, à pan coupé et à fond plat. |
5. La nécrose idiopathique du condyle interne |
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AICHROTH P. Osteochondritis dissecans of the knee. A clinical survey. J. Bone and Joint Surg. 53-B (3) : 440-447, 1971. BEDOUELLE Ostéonécrose des condyles fémoraux chez l'enfant et l'adulte. Annales S.O.O., 1998. BRUNS J. Osteochondosis dissecans. Pathogenese, diagnose und therapie. Enke, 1996. CAFFEY J., MADELL S.H., ROYER C. and MORALES P. Ossification of the distal femoral epiphysis. J. Bone and Joint Surg., 40 - A : 647-654, june 1958. CAHILL B.R. Osteochondritis dissecans of the knee : treatment of juvenil and adult forms. J. Am. Acad. Orthop. Surg., 3 : 237-247, 1995. ENNEKING W.F. Clinical Musculoskeletal Pathology. Ed. 3, p 166. Gainesville, Florida, University of Florida Press, 1990. FAIRBANK H.A. Osteochondritis dissecans. British J. Surg., 21 : 67-82, 1933. FICAT P., ARLET J. and MAZIERES B. Ostéochondrite disséquante et ostéonécrose de l'extrémité inférieure du fémur. Intérêt de l'exploration fonctionnelle médulaire. Sem. Hôpitaux, 51 : 1907-1916, 1975. |
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