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DES CONDYLES FEMORAUX : RESULTATS A MOYEN TERME DES SEQUESTRECTOMIES Arnaud GODENECHE*, Christophe FORNASIERI**, * Service de Chirurgie Orthopédique et de Médecine du Sport, Centre Hospitalier Lyon-Sud ** Service de Chirurgie Orthopédique et de Traumatologie du Sport, CHU de Grenoble, Hôpital Sud |
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Les traitements chirurgicaux de l'ostéochondrite disséquante des condyles fémoraux sont très variés : forage du fragment en place par voie intra-articulaire, fixation du fragment, ablation du séquestre ou encore évidement-forage par voie extra-articulaire selon WAGNER. D'autre part, de nombreuses ostéochondrites sont traitées orthopédiquement. La plupart des articles exposant les résultats à moyen et long terme des traitements des ostéochondrites disséquantes des condyles fémoraux proviennent de séries inhomogènes qui rassemblent des traitements orthopédiques et différents types de traitements chirurgicaux (1, 2). Le but de ce travail est d'évaluer à moyen terme (62 mois) les résultats d'une série de 63 cas de séquestrectomie effectués sous arthroscopie. Nous avons, par ailleurs, démembré différents critères pronostiques. Enfin, nous avons comparé nos résultats à ceux des rares séries étudiant exclusivement le devenir des séquestrectomies. I. MATERIEL ET METHODE Il s'agit d'une étude rétrospective de 63 dossiers de patients ayant bénéficié d'une arthroscopie pour exérèse de séquestre provenant de l'évolution d'une ostéochondrite disséquante des condyles fémoraux. Les critères d'exclusion étaient : les fractures ostéochondrales, les nécroses du sujet âgé, la polyostéochondrose et les dysplasies épiphysaires. |
Les dossiers provenaient du Service d'Orthopédie du Centre Hospitalier Lyon-Sud, du Service d'Orthopédie de l'Hôpital Sud de Grenoble ainsi que d'autres chirurgiens membres de la Société Française d'Arthroscopie. Il s'agit donc d'une étude multicentrique. Il s'agit de 63 genoux atteints chez 63 patients. L'âge moyen était de 26 ans, les extrêmes allant de 11 ans à 61 ans au moment du traitement arthroscopique. Il y avait 21 femmes pour 42 hommes ; 35 genoux gauches pour 28 genoux droits. La répartition selon la topographie entre les lésions du condyle externe et du condyle interne est mise en évidence dans le tableau I. |
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Au moment du traitement arthroscopique, 5 cartilages de croissance étaient encore ouverts sur les radiographies alors que 58 étaient fermés. Le traitement a consisté en l'exérèse d'un séquestre ostéochondral par arthroscopie dans la totalité des cas. Dans 31 cas, il s'agissait d'un corps étranger libre dans l'articulation alors que dans les 32 autres cas, nous avons retrouvé un fragment partiellement mobile dans la niche d'ostéochondrite. 42 fois, l'exérèse du séquestre a été pratiquée associée uniquement au curetage de la niche. 21 fois, des perforations du fond de la niche d'ostéochondrite ont été réalisées (perforation antérograde, c'est-à-dire de l'intérieur vers l'exté |
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rieur ou perforation rétrograde à savoir de l'extérieur vers l'intérieur). 3 ostéotomies tibiales de réaxation ont été pratiquées : une ostéotomie tibiale de varisation dans le même temps opératoire, 2 secondairement (une ostéotomie tibiale de varisation et une ostéotomie tibiale de valgisation). 9 fois, une seconde intervention a été réalisée : soit une nouvelle arthroscopie pour exérèse d'un autre corps étranger intra-articulaire, soit réalisation d'une ostéotomie tibiale de réaxation (2 des 3 ostéotomies pratiquées dans l'ensemble de la série). Enfin, un patient a été opéré 6 fois dont la dernière fois pour la mise en place d'une prothèse totale du genou. Tous les malades ont été revus avec un recul minimum d'un an après le traitement arthroscopique. Le recul moyen pour l'ensemble des patients est supérieur à 5 ans (62 mois avec des extrêmes allant de 1 an à 25 ans). Lors de la révision, il était pratiqué un examen clinique complet ainsi qu'un bilan radiologique comportant : une radiographie de face et de profil en charge, une face d'échancrure, un défilé fémoropatellaire à 30°. Le score d'évaluation des résultats a été le score de HUGHSTON global mais aussi un score de HUGHSTON clinique et un score de HUGHSTON clinique modifié. Le score de HUGHSTON clinique correspond au score de HUGHSTON global sans tenir compte des résultats radiographiques. Le score de HUGHSTON clinique modifié correspond au score HUGHSTON clinique sans tenir compte ni de l'existence d'une amyotrophie ni d'une douleur à la pression de la niche d'ostéochondrite. Le volume de la niche d'ostéochondrite a été calculé en faisant le produit de la hauteur de la lésion sur la radiographie de face (a), par sa largeur sur la même radiographie (b) et par la largeur de la lésion sur la radiographie de profil (c). Vmm3 = amm x bmm x cmm. II. RESULTATS 1. Résultats pour l'ensemble de la série Nous avons tout d'abord étudié les résultats pour l'ensemble de la série des 63 dossiers, selon le score de HUGHSTON global, le score de HUGHSTON clinique et le score de HUGHSTON |
clinique modifié comme nous pouvons l'observer respectivement dans les tableaux II, III et IV. |
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48 % des patients de notre série présentaient à la révision une perte de la convexité des condyles sans pincement articulaire comme nous pouvons le voir sur la radiographie 1. |
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Radiographie 1 |
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Nous avons ensuite comparé les résultats concernant les lésions du condyles internes avec ceux des lésions du condyle externe (tableaux V et VI). |
2. Influences de certains paramètres pour les lésions du condyle interne Nous avons ensuite étudié en fonction de différents paramètres les résultats selon les différents scores de HUGHSTON pour les lésions du condyle interne. Cela correspondait à 47 dossiers. Nous avons tout d'abord étudié les résultats en fonction du volume de la lésion en distinguant les lésions de volume inférieur à 2.000 mm3 et celles supérieures à 2.000 mm3 comme nous pouvons l'observer dans les tableaux VIII, IX et X. |
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Comme nous pouvons l'observer dans le tableau VII, la fréquence des lésions méniscales associées aux lésions d'ostéochondrite est très différente entre les lésions des condyles internes et celles des condyles externes, de même que le volume moyen des lésions. Ceci pour des morphotypes tout-à-fait comparables entre les deux populations : nous avons retrouvé 67 % de morphotype normal, 2 % de morphotype en valgus et 28 % de morphotype en varus pour les lésions du condyle interne ; pour les lésions du condyle externe, nous avons observé 50 % de morphotype normal, 6 % de morphotype en valgus et 32 % de morphotype en varus. |
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5 patients présentaient sur les radiographies à la révision un pincement de l'interligne articulaire. Tous avaient subi une méniscectomie : 2 méniscectomies internes concomitantes à des lésions d'ostéochondrite interne et 3 méniscectomies externes concomitantes à des lésions d'ostéochondrite externe. |
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Nous avons étudié les résultats en fonction du morphotype, toujours pour les lésions du condyle interne, en comparant les sujets normaux axés à ceux présentant un genu varum. Les résultats sont exposés dans les tableaux XI, XII et XIII. |
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de HUGHSTON clinique modifié car le score de HUGHSTON global était très pénalisé par les 48 % d'aplatissement des condyles sans pincement observés sur les radiographies à la révision. En effet, sur les 30 patients présentant cet aplatissement des condyles, 15 patients présentaient un score de HUGHSTON clinique bon ou excellent alors qu'il ne pouvait être au mieux que moyen si l'on s'en tenait au score de HUGHSTON global. D'autre part, cet aplatissement radiologique des condyles ou pire une irrégularité des condyles semblent plus ou moins inévitables après exérèse d'un séquestre ostéocartilagineux de sa niche. Il serait particulièrement intéressant de suivre dans le temps l'évolution clinique de ces simples aplatissements ou irrégularités des condyles sur les radiographies pour savoir s'ils sont en eux-mêmes des facteurs pronostiques péjoratifs sur l'évolution de ces séquestrectomies. Les résultats de cette série homogène de séquestrectomie sont comparables à ceux de la littérature concernant l'étude des séquestrectomies exclusivement. En effet, les 41% de bons et excellents résultats selon le score de HUGHSTON global se rapproche des résultats de BREMANT (4) qui, avec un recul de 8 ans, retrouve moins de 40 % d'excellents et bons résultats selon le score de HUGHSTON global. ALMGARD (3) quant à lui, en 1964, retrouvait moins de 25 % d'excellents et bons résultats avec un recul plus important allant de 6 à 22 ans. POTEL (5) retrouvait des résultats comparables aux nôtres avec 44 % d'excellents et bons résultats mais avec un recul beaucoup plus important de 21 ans. Cette différence peut s'expliquer par le fait que sa série ne contient que des lésions du condyle interne dont nous avons vu le meilleur pronostic dans nos résultats. L'évolution arthrogène des ostéochondrites disséquantes des condyles fémoraux tel que le retrouve LINDEN (1) sur un grand recul, semble se dessiner dans notre série où il existait déjà 8 % d'arthrose avec seulement 5 ans de recul moyen. Au vu de nos résultats, il nous est apparu que les lésions du condyle interne étaient une entité différente des lésions du condyles externes. Tout d'abord cliniquement les résultats sont moins bons pour le condyle externe avec aucun excellent résultat alors qu'il en existait 51 % pour les lésions internes et 43 % de mauvais résultats et d'échecs pour seulement 21 % pour les lésions du condyle interne. D'autre part, dans un cas sur deux, les lésions du condyle externe étaient associées à des |
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Enfin, en s'appuyant sur les zones de CAHILL et BERG, nous avons étudié l'influence de la localisation en terme de zone portante et zone non portante sur les résultats cliniques, toujours pour les lésions des condyles internes. Les résultats sont exposés dans le tableau XIV. |
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III. DISCUSSION Tout d'abord, sur le plan méthodologique, il nous est apparu indispensable de définir et d'utiliser un score de HUGHSTON clinique ainsi qu'un score |
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lésions méniscales homolatérales ayant nécessité une méniscectomie concomitante, alors que l'on ne retrouvait que 4 % de lésions méniscales pour les lésions des condyles internes et ceci pour des morphotypes tout-à-fait comparables entre les deux populations. Enfin, le volume des lésions externes est trois fois plus faible que celui des lésions internes. Du côté externe, les lésions sont donc moins volumineuses et plus souvent associées à des lésions méniscales. Nous avons ensuite recherché les facteurs pronostiques concernant les résultats du traitement des lésions du condyle interne, ce qui correspondait à une série homogène de 47 patients dans notre série. Tout d'abord, nous nous sommes aperçus que 95 % des lésions de moins de 2.000 mm3 avaient un résultat excellent ou bon contre seulement 65 % des lésions supérieures à 2.000 mm3 selon le score de HUGHSTON clinique modifié. Au niveau du |
condyle interne, le volume de la niche joue un rôle défavorable sur le résultat clinique, surtout, et radiologique dans notre série. De même, nous avons retrouvé 71 % d'excellents et bons résultats selon le score de HUGHSTON clinique pour les genoux normaux axés contre seulement 31 % d'excellents et bons résultats pour les genu varum, ce qui nous fait dire que le morphotype en varus est un facteur péjoratif sur le résultat clinique et radiologique des lésions d'ostéochondrite du condyle interne. Enfin, le fait que la lésion soit en zone portante sur le condyle interne est un facteur péjoratif sur le résultat clinique. En conclusion, nous pouvons dire qu'à moyen terme le résultat des séquestrectomies arthroscopiques est assez décevant notamment pour les lésions du condyle externe et pour les lésions du condyle interne de volume important en zone portante. |
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1. LINDEN B. Osteochondritis dissecans of the femoral condyles. J. Bone Joint Surg. (Am) 1977 ; 59 : 769-776. 2. TWYMAN R.S., DESAIK, AICHROTH P.M. Osteochondritis dissecans of the knee : a long-term study. J. Bone Joint Surg. (Br) 1991 ; 73 : 461-464. |
3. ALMGARD L.E. and WIKSTAD Ingrid Late results of surgery for osteochondritis dissecans of the knee Joint. Acta Chir. Scandinavica 1964, 127 : 588-596. 4. BREMANT J.J. Osteochondrite disséquante des condyles fémoraux. Résultats à long terme de l'opération de Pridie. 7e Journées Lyonnaises du Genou 1991 ; 35-39. |
5. POTEL J.F. Ostéochondrite disséquante des condyles fémoraux de l'adulte. Incidence de l'arthrose secondaire. 7e Journées Lyonnaises du Genou 1991 ; 40-46. |
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