MENISCECTOMIE ET SPORT

Jean-Claude IMBERT *

*Clinique mutualiste, Saint - Etienne.

 

La population étudiée sur les 417 méniscectomies représente 307 sportifs soit 74 %, avec 3/4 de méniscectomies internes et 1/4 de méniscectomies externes.

La comparaison des 2 populations sportive et non sportive montre que les sportifs sont plus jeunes, avec une moindre proportion de femmes, et que la lésion méniscale est survenue au cours de l'activité sportive dans 50 % des cas.

Les sports pratiqués sont avec pivot et contact dans une proportion équivalente de cas et moins souvent sans pivot ni contact.

L'analyse du type de lésions de méniscales montre la prédominance des lésions verticales chez le sportif 5 fois plus dans les sports avec pivot et contact et 2 fois plus dans les sports sans pivot par rapport à la population non sportive.

Les lésions cartilagineuses observées lors de la méniscectomie sont beaucoup moins fréquentes chez les sportifs surtout si l'on oppose les 50 % de la population non sportive avec les 23 % des sports avec pivot et contact dans les méniscectomies internes.

Un bilan d'activité sportive a été pratiqué 5 ans à la suite de cette méniscectomie : 273 soit 90 % des sportifs continuaient à pratiquer. Parmi eux 76 % sont au même niveau, 12 % à un niveau inférieur en raison de l'état du genou et 12 % pour d'autres raisons.

Le type de sport pratiqué s'est légèrement modifié pour le foot avec 4 points de moins pour le ski avec 2 points de plus, ce qui est logique compte tenu du vieillissement de la population, le footing ayant une fréquence inchangée.

A 10 ans les résulats cliniques en particulier subjectifs sont meilleurs chez les sportifs que chez les non sportifs, mais il est plus intéressant d'analyser les résultats radiologiques.

La proportion d'arthrose après méniscectomie interne est beaucoup moins élevée chez les sportifs que chez les non sportifs et après soustraction des arthroses contro-latérales on trouve une différence de 18 % chez les sportifs contre 28 % chez les non sportifs et cette différence est significative.

Cet écart sportifs non sportifs n'est pas retrouvé après méniscectomie externe (38 contre 41) par contre la fréquence de l'arthrose est globalement plus élevée après méniscectomie externe qu'il s'agisse de sportifs ou de non sportifs. Ces chiffres doivent toutefois être considérés avec réserve en raison de la petite taille de la population des méniscectomie externe en particulier celle des non sportifs.

 

COMMENTAIRES :

Si l'on récapitule les 3 données principales : âge, lésions cartilagineuses à l'intervention, arthrose à 10 ans - en fonction du type d'activité sportive - on voit que pour le ménisque interne le sportif par rapport au non sportif

- est un sujet plus jeune (36 contre 43) et d'autant plus jeune qu'il pratique un sport avec pivot et contact

- qu'il a des lésions cartilagineuses moindres (38 contre 50) et d'autant moins fréquentes qu'il pratique un sport avec pivot et contact

- et que son taux d'arthrose est beaucoup moins élevé (26 contre 38) et d'autant moins élevé qu'il s'agit d'un footballeur qui présente 2 fois moins d'arthrose qu'un skieur.

Pour le ménisque externe le sportif est encore plus jeune que le non sportif, il présente encore moins de lésions cartilagineuses (26 contre 54) la proportion d'arthrose est en revanche un peu plus importante mais ici encore moindre pour le foot que pour le ski.

 

Globalement il existe une corrélation entre le sport, l'âge, les lésions cartilagineuses et l'arthrose. Plus le sportif est jeune plus il pratique des sports avec pivot et contact moins il a de lésions cartilagineuses à l'intervention et moins il développe d'arthrose.

 

CONCLUSIONS

 

Ces chiffres nécessitent quelques commentaires à 2 niveaux :

- le sport exerce-t-il une influence sur le genou méniscectomisé ?

- la méniscectomie a-t-elle une incidence sur l'activité physique du sportif ?

En ce qui concerne le premier point non seulement le sport n'a pas d'effets négatifs sur sur les suites de méniscectomie mais encore il semble exercer une action protectrice.

En fait 3 éléments eux-mêmes corrélés à cette pratique sportive sont les véritables explications de cette évolution plus favorable :

- le plus jeune âge de la population sportive

- le type de lésions méniscales plus fréquemment verticales avec préservation d'un mur périphérique en particulier pour le ménisque interne.

- la faible proportion des lésions cartilagineuses.

En ce qui concerne le deuxième point la méniscectomie ne semble pas avoir d'incidence facheuse sur l'activité sportive et l'on note une remarquable stabilité puisque 5 ans après la proportion et le niveau de pratique n'ont pas subi de réduction importante par rapport au départ.

Ces éléments rejoignent les constatations de la littérature mais comme les résultats de l'ensemble de la série ils devront probablement bénéficier d'un recul plus important pour pouvoir faire l'objet de conclusions définitives.