MENISCECTOMIES SOUS ARTHROSCOPIE A PLUS DE 10 ANS.

MATERIEL & METHODES

 

F. Châtain* - P. Adeleine** - Ph. Neyret*

*Hopital de la Croix-Rousse - Centre Livet - LYON, **Césiam - LYON

 

 

Nous avons réalisé une étude multicentrique et rétrospective. 12 centres ont participé à cette étude : la France était presque quadrillée avec Strasbourg (J.Y. JENNY), Paris (Ph. HARDY - Ph.BEAUFILS - P. DJIAN), Caen (B. LOCKER - C. HULET), Brest (F. DUBRANA), Toulouse (J.F. POTEL - M. BOUSSATON), Grenoble (D SARAGAGLIA), Saint-Etienne (J.C. IMBERT) et Lyon (Ph. NEYRET - P.CHAMBAT-B. MOYEN).

Il y a eu 1831 méniscectomies réalisées dans ces 12 centres entre novembre 1980 et avril 1986. Au total, 1192 dossiers ont été collectés, il y avait 429 dossiers issus de patients revus avec radio (36% de l’ensemble des dossiers), 23 dossiers issus de patients revus sans radio, 67 dossiers issus de patients ayant donné des nouvelles par téléphone, 21 dossiers issus de patients décédés et 652 dossiers de perdus de vue.

La série que nous allons vous présenter est constituée uniquement des dossiers des patients revus avec radio (n = 429) : il y avait 317 MI, 100 ME et 12 MI + ME.

La série MI et la série ME seront étudiées séparément et leurs résultats seront comparés. (la série des 12 MI + ME ne sera pas présentée compte-tenu du faible effectif).

CRITIQUE DE L’ETUDE

Notre étude comporte un nombre de patients non revus important. Nous avons essayé de pallier à ce problème en tirant un échantillon au hasard de 20% dit représentatif de l’ensemble des dossiers de patients non revus de 2 centres (Caen et le Centre Livet à Lyon). Le but étant d’étendre les résultats de ces échantillons à l’ensemble des patients non revus de ces 2 centres.

Pour ce faire, il faut revoir impérativement tous les patients de cet échantillon ; cette entreprise est difficile à mener et est toujours en cours.

Comme nous disposions de quelques informations communes à tous les dossiers, nous avons voulu savoir si notre série étudiée était représentative de l’ensemble des dossiers pour ces quelques informations (Y avait-il un biais statistique entre la série étudiée n = 417 et les autres dossiers n = 775 ?).

 

 

- En ce qui concerne la répartition MI et ME, celle-ci est identique dans la série étudiée et l’ensemble des dossiers (76% de MI dans la série étudiée et 77% de MI sur l’ensemble des dossiers).

- En ce qui concerne la répartition hommes-femmes, celle-ci est également superposable.

- Par contre, en ce qui concerne l’âge, les patients revus sont en moyenne plus âgés que les patients non revus. Dans la série étudiée des MI, la moyenne d’âge est de 38 ans et dans la série ME, la moyenne d’âge est de 34 ans alors que sur l’ensemble des dossiers des patients non revus pour les MI la moyenne d’âge est de 34 ans et pour les ME la moyenne d’âge est de 32 ans ; cette différence est significative (p < 0,001).

 

 

 

 

L’ANALYSE SUBJECTIVE: Elle s’est faite selon deux critères :

les critères IKDC (c’est l’état global du genou comparé à l’autre genou), il y a 4 stades :

- stade O : normal ou meilleur

- Stade I : inférieur ou presque normal

- Stade II : très inférieur ou anormal

- Stade III : très inférieur ou très anormal

le taux de satisfaction du patient :

- Très satisfait

- Satisfait

- Déçu

- Mécontent

L’ANALYSE CLINIQUE: Elle a été faite selon les critères de la fiche IKDC qui intègre 4 symptômes en compte :

la douleur

le gonflement

l’insécurité

l’instabilité

Il y a 4 catégories d’activité : activité intense à activité sédentaire.

Un patient classé en catégorie I ne présente aucun symptôme pour une activité intense.

L’ANALYSE RADIOLOGIQUE:

la référence sera le genou controlatéral indemne de toute méniscectomie. Cette analyse radiologique a été faite sur des clichés en schuss à 30° de flexion en appui bipodal avec une technique proche de celle décrite par T. ROSENBERG au degré de flexion près, dans 90% des cas (n = 365).

Nous disposions également à la révision de 136 goniométries. Le morphotype des patients a été apprécié sur la goniométrie du genou controlatéral non opéré et sans arthrose.

Ces clichés étant réalisés lors de la revue des patients.

Nous avons appelé prévalence de l’arthrose :c’est à la fréquence des pincements radiologiques du genou opéré à la révision (pincements incomplets ou pincements complets). La différence de prévalence correspond à la différence des fréquences des pincements entre le genou opéré et le genou controlatéral. L’incidence de l’arthrose correspond au pourcentage des pincements radiologiques (complets ou incomplets) du genou opéré, celui-ci ayant un genou controlatéral radiologiquement normal

RESULTATS

Quand nous avons analysé les résultats cliniques et radiologiques à plus de 10 ans, nous avons étudié à part les dossiers des patients qui ont eu une réintervention autre qu’une méniscectomie itérative ou une arthroscopie lavage : dans la série, ces réinterventions étaient de type :

- Ostéotomie (n = 3)

- TTA (n = 1)

- Ligamentoplastie du croisé antérieur (n = 1)

- Méniscectomie de l’autre ménisque sur le même genou (n = 3)

Les 3 patients ayant eu une ostéotomie pour arthrose sont à considérés comme patients présentant une arthrose invalidante et opérée.

Nous avons également étudié à part les dossiers des patients ayant eu une rupture secondaire du LCA (n = 10).

 

En effet, le but de ce symposium était d’analyser à très long terme les résultats d’une méniscectomie isolée sous arthroscopie sur un genou indemne de toute autre intervention ou pathologie ligamentaire.

 

L’étude statistique a été réalisée au CESIAM de Lyon par Monsieur P. ADELEINE. Le tableau de contingence et le test de CHI 2 était utilisé quand il s’agissait de comparer des variables qualitatives. Quand il s’agissait d’établir une liaison entre une variable et une variable quantitative, la comparaison des moyennes et l’analyse de la variance était utilisée.