MENISCECTOMIES SOUS ARTHROSCOPIE A PLUS DE 10 ANS. EPIDEMIOLOGIE.
C. Hulet*, B. Locker*
*CHU CAEN
Parmi les 1192 dossiers collectés dans cette étude multicentrique rétrospective, seuls 429 dossiers complets ont été utilisés pour lanalyse statistique. Ces 429 dossiers comprennent 317 lésions méniscales internes (73,8%), 100 lésions méniscales externes (23,4%) et 12 lésions biméniscales (2,8%).
Le recul moyen est de 11,5 + 1,2 ans (10 -15 ans) pour les ménisques internes et de 11 + 1 ans (10 -14 ans) pour les ménisques externes.
Lâge moyen au moment de la méniscectomie interne est de 38 + 11 ans avec des extrêmes de 11 à 66 ans. Par contre, la population des lésions méniscales externes a une moyenne dâge plus jeune de 34 + 12 ans (extrêmes: 15 - 70 ans) avec une différence de 4 ans qui est statistiquement significative (p = 0,004). Pour les méniscectomies internes on retrouve 139 patients de plus de 40 ans (44%). Cette même différence dâge est conservée à la dernière visite avec un groupe de patients ayant subi une méniscectomie interne agés de 50 + 11 ans pour 45 + 12 ans en cas de méniscectomie externe (p = 0,003).
Dans l'enquête prospective de la SFA, en 1992, l'âge moyen au moment de la méniscectomie est de 44 ans.
Voici lhistogramme des âges selon le ménisque interne ou externe concerné.
|
Ans |
10 - 19 |
20 - 29 |
30 - 39 |
40 - 49 |
50- 59 |
60 - 69 |
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MI |
21 |
49 |
108 |
77 |
54 |
8 |
|
ME |
14 |
29 |
29 |
15 |
12 |
1 |
Il existe une discrète prédominance des genoux droits (57%). La prédominance masculine est nette (81%).
Avant la méniscectomie, selon la cotation fonctionnelle de lIKDC, 43 % ont une activité astreignante (Classe I), 28% une activité modérée (Classe II), 26 % sont actifs (Classe III) et 3 % sont sédentaires. Les hommes sont le plus souvent Classe I tandis que les femmes sont Classe III (p = 0,0001).
Cette population pratique en pré-opératoire un sport dans 72% des cas; les sports les plus pratiqués sont le foot (17%), le ski (14%), le tennis (10% ) et le jogging (8%). Dans plus de 70% des cas, il sagit de sport avec pivot.
Parmi les facteurs étiologiques, on retrouve l'existence d'un travail à genoux en hyperflexion forcée avec sollicitation du segment postérieur du ménisque interne dans 20% des cas et ce sont surtout des hommes. Les obèses représentent 21 % des patients qui ont une lésion méniscale interne et la taille est sans influence. Il en est de même pour les ménisques externes
Un traumatisme initial ou associé est présent chez 60% des patients. Dans 49,5% des cas, le traumatisme est à l'origine de la symptomatologie, alors que dans 11,5% des cas, il ne fait qu'aggraver une symptomatologie préexistante.
La lésion survient spontanément dans 30% des cas en dehors de tout contexte traumatique. Dans 10% des cas, nous navons pas eu dinformations.
Ces circonstances de survenue paraissent identique dans les 2 groupes MI et ME.
Pour l'histoire de la maladie, les hommes ont eu le plus souvent un traumatisme sportif (35%) ou un accident de travail (11%) tandis que chez la femme, la lésion méniscale survient volontiers dans la vie quotidienne (43%) (p= 0,0001).
A linterrogatoire un blocage méniscal vrai avec limitation de lextension est présent dans 44% des cas; ce blocage concerne essentiellement les sujets jeunes (p = 0,001). Les lésions méniscales au cours d'un blocage, surviennent le plus souvent après un mécanisme en rotation (28,5%) ou en hyperflexion (17%).